Les employés de l’hôpital El-Maarouf, en grève depuis le 9 mars, se sont rassemblés ce lundi 23 mars, à Moroni-Mavuna, pour exprimer leur solidarité avec leurs collègues licenciés. Ils réclament davantage de transparence dans la gestion des fonds et demandent le départ de certains responsables.

 

En grève depuis le 9 mars, les employés ont organisé un grand rassemblement ce lundi 23 mars, à Moroni-Mavuna. Selon les organisateurs, plus de 500 personnes étaient présentes. Il s’agit, selon eux « d’une démonstration de force et de solidarité» face aux «intimidations et répressions» de la direction. Au nom des grévistes, Zainoudine Ahamada a exprimé «l’inquiétude » du mouvement face aux réactions et décisions prises par la direction générale de l’hôpital El-Maarouf. Le porte-parole a d’abord rappelé les engagements de ses collègues dans le secteur de la santé après de longues années d’études. «Nous avons choisi de travailler dans ce secteur. Ne nous obligez pas à renoncer à ce choix», a-t-il déclaré devant les journalistes. 

«Des propositions insuffisantes»

Zainoudine Ahamada a réaffirmé la détermination des grévistes à poursuivre leur mouvement, qu’il qualifie de «légitime». «Nous nous sommes réunis aujourd’hui pour poursuivre notre combat et montrer notre détermination à aller jusqu’au bout. Depuis le déclenchement de la grève, nous avons rencontré la direction à plusieurs reprises, sans parvenir à un compromis », a-t-il expliqué.Selon lui, la direction reconnaît elle-même «le caractère légitime des revendications», mais ses propositions restent insuffisantes. «Après nos échanges, leur proposition est une insulte à notre combat. Ils demandent la fin de la grève et proposent une augmentation de 4 600 francs comoriens», a-t-il dénoncé. Les grévistes demandent également à la justice d’ouvrir une enquête sur la gestion de l’hôpital depuis le début du mouvement. Le porte-parole a affirmé que «l’établissement fonctionne actuellement au ralenti, avec un service minimum assuré». Il a, par ailleurs, dénoncé des pressions exercées sur les grévistes. « La direction a choisi la force : menaces, licenciements et interdictions d’accès aux services pour les grévistes et les médecins qui soutiennent le mouvement », a-t-il déploré.


Devant une foule acquise à la cause des grévistes, le porte-parole du mouvement a insisté sur l’unité du mouvement. «Nous informons les autorités que nous sommes unis. Si l’un d’entre nous est touché, c’est nous tous qui le seront. Si une personne est licenciée, c’est l’ensemble du personnel qui est concerné», a-t-il martelé sous les applaudissements nourris de l’assistance.Le représentant des grévistes a également annoncé l’établissement d’une liste de plus de «500 employés» qui sera transmise aux autorités avec une lettre pour prouver leur solidarité avec ceux qui sont licenciés. Pour conclure, les grévistes exigent « des éclaircissements » sur le budget de fonctionnement de l’hôpital. « Nous demandons la transparence sur la gestion financière afin de savoir s’il n’existe réellement pas de moyens pour répondre à nos revendications. Nous savons qu’il ne manque pas de moyens financiers», a-t-il lancé.