La présence du Mpox est désormais confirmée avec quatre cas positifs pris en charge à l’hôpital de Samba. Tous concernent des personnes revenues récemment de Madagascar. Si l’évolution clinique est jugée favorable pour la majorité des patients, l’annonce ouvre une nouvelle phase qui est celle de la gestion de l’épidémie.

 

Le ministre de la Santé, Ahamadi Sidi Nahouda, a annoncé le vendredi 23 janvier, en début d’après-midi, la présence de la maladie. «J’ai souhaité m’adresser à vous aujourd’hui, pour vous informer, en toute transparence, d’une situation sanitaire qui requiert notre attention collective. Les autorités sanitaires de notre pays viennent de porter à mon attention, en effet, que quatre personnes, récemment prises en charge à l’hôpital de Samba, sont porteuses du virus Mpox», a-t-il fait savoir.Quatre personnes sont donc porteuses du virus Mpox et sont hospitalisées à Samba. «Quand on a eu les résultats dans la nuit, on a informé le gouvernement et la décision a été prise d’annoncer. On n’a rien à cacher», a expliqué le vendredi dernier Soudjay Mohamed, secrétaire général du ministère de la Santé. Les patients, tous des hommes âgés de 16, 17, 20 et 39 ans, sont actuellement à l’isolement. Trois d’entre eux présentent une amélioration rapide et pourraient quitter l’hôpital dans les prochaines 24 heures, selon la même source. Le quatrième reste sous surveillance, avec une évolution jugée encourageante. Leurs proches font également l’objet d’un suivi sanitaire et les mesures de prévention ont été appliquées dans les domiciles concernés. «Les familles ont été informées et préparées», a précisé le secrétaire général.


Ces cas ne sont pas apparus de manière inattendue. Dès l’annonce des premiers cas à Madagascar, fin décembre, un dispositif de préparation a été activé. La période des fêtes, les retours nombreux et l’usage fréquent de la voie maritime ont pesé dans l’analyse du risque. «On savait que beaucoup de personnes allaient revenir et que le bateau serait le principal moyen de transport», a rappelé Soudjay Mohamed.
Les contrôles sanitaires ont été renforcés dans les ports et aux aéroports. Trois des patients sont arrivés ensemble par bateau et ont été repérés dès leur entrée avec des signes comme la fièvre. Le quatrième, lui aussi arrivé par bateau de Madagascar, aurait fait un aller-retour vers Ndzuani avant de finalement revenir à Moroni via le sud de l’île. «Cela montre les limites liées à la perméabilité de certaines zones», a-t-il admis, tout en soulignant que la surveillance communautaire a permis d’identifier rapidement la situation.


Pour rappel, les kits de réactifs, commandés en urgence, sont arrivés le mercredi 21 janvier en provenance de la Corée du Sud. «En trois semaines, on a lancé la commande, elle a été livrée et on a pu faire le diagnostic sur place», a-t-il insisté le secrétaire général. Cette avancée a permis de rendre pleinement opérationnel le laboratoire national de santé publique, désormais capable d’assurer les analyses et le séquençage sans envoi à l’étranger.
Pour la suite, les autorités sanitaires se projettent déjà. Plusieurs sites de prise en charge sont identifiés. Il citera Samba, Hombo, Bambao Mtsanga et Fomboni. Des points avancés doivent également être installés dans le sud de Ngazidja, notamment dans des zones d’entrée informelles, afin de limiter les déplacements et d’intervenir plus rapidement en cas de suspicion.


La question de la vaccination est désormais posée. Les démarches ont été engagées, avec une stratégie ciblée. «On ne va pas vacciner toute la population. La priorité ira aux soignants, aux agents des ports et aéroports, aux cas contacts et aux personnes immunodéprimées comme celles atteinte de diabète avancé mais aussi les malades atteints aux reins», a expliqué Soudjay Mohamed.Face aux inquiétudes exprimées dans l’opinion, notamment sur une éventuelle fermeture des frontières, le discours se veut mesuré. Pas de comparaison avec les crises passées, mais un appel à la retenue. «Le Mpox n’a ni la rapidité de diffusion ni la létalité du Covid ou du choléra. Il faut rester calme et se fier aux informations officielles», a insisté le secrétaire général.