À la suite de l’identification de cinq premiers cas de Mpox à Madagascar le 31 décembre dernier, les autorités sanitaires comoriennes ont décidé de renforcer la surveillance épidémiologique aux points d’entrée du pays. Il faut toutefois noter que jusqu’à présent, aucun cas de cette maladie n’a été détecté aux Comores.
Selon le chargé national de la surveillance épidémiologique, le docteur Faouzouz Ben Aboubacar (notre photo), des agents de santé ont été déployés au niveau des ports et des aéroports afin d’assurer le contrôle sanitaire des passagers en provenance de la Grande Île. Contacté le samedi 3 janvier, il a rappelé que la maladie présente une période d’incubation comprise entre 5 et 21 jours, et que «cela signifie qu’une personne contaminée peut rester en bonne santé apparente pendant plusieurs jours avant l’apparition des symptômes».
Les premiers cas recensés à Madagascar étant de transmission communautaire, le responsable de la surveillance épidémiologique estime qu’une mise en quarantaine des voyageurs en provenance de ce pays pourrait permettre de mieux s’assurer de leur état de santé et de limiter les risques de propagation.
La possibilité de suspendre temporairement les liaisons aériennes et maritimes avec Madagascar a également été évoquée. Toutefois, cette option ne serait pas la plus efficace. «L’Organisation mondiale de la santé recommande plutôt le renforcement des mesures de surveillance, de prévention et de riposte. Les restrictions de voyage doivent être proportionnées au risque et fondées sur des preuves scientifiques, compte tenu de leurs impacts économiques et sociaux», a précisé le docteur Faouzouz.
Samedi matin, le ministre de la Santé, Ahamadi Sidi Nahouda, s’est rendu au site hospitalier de Samba Nkuni, désigné pour la prise en charge d’éventuels cas suspects. Cette visite visait à évaluer le dispositif national de surveillance, de prévention et de prise en charge du Mpox, notamment en matière de détection précoce, de capacités d’isolement et de coordination entre les services de santé.
Le Mpox, anciennement appelé variole du singe, est une maladie virale causée par le virus Monkeypox. Elle se transmet de l’animal à l’homme, principalement par les rongeurs, et entre humains par contact étroit. Les symptômes incluent une éruption cutanée souvent accompagnée de fièvre, de maux de tête, de courbatures, de fatigue et de ganglions enflés.La prise en charge repose essentiellement sur le traitement des symptômes, notamment par le paracétamol et des soins locaux des lésions. La maladie évolue généralement favorablement en deux à quatre semaines. Dans les formes graves, des antiviraux spécifiques comme le Tecovirimat peuvent être administrés, en complément de soins de support.

