L’usage des plantes et autres médicaments de «ces centres illégaux» seraient «responsables des problèmes de reins observés ces derniers temps chez les patients qui se dialysent», selon l’inspecteur général de la santé, Dr Ridhoine Mohamed.

 

C’est une opération coup de poing lancée depuis mardi par le ministère de la Santé à travers l’inspection générale de la santé (Iges). Jusqu’à hier, au moins 9 centres traditionnels sont fermés, dont le plus célèbre clinique «Shifa» appartenant à un certain Papa Benin. Ce dernier, dans les publicités relayées sur des radios, assure guérir des pathologies comme la tension, les faiblesses sexuelles, l’estomac, entre autres. Malgré plusieurs dénonciations, il réussissait à s’en sortir jusqu’à avant-hier.

 Selon nos informations, il se trouverait à la gendarmerie et ses produits ont été saisis par les équipes de l’inspection générale de la santé, qui ont également mis fin aux activités des cliniques traditionnelles à Mitsamihuli, Fumbuni et Salimani Itsandra. A Moroni, six cliniques ont mis la clé sous le paillasson en deux jours. Tous ces centres ont presque un point en commun : ils vantent des produits 100%, naturels à base de plantes capables de remédier toutes les maladies.

Mais en réalité, ces traitements exposent encore plus la population à des dangers considérables. «Le service des dialyses de l’hôpital d’El-maarouf, nous a même signalé une augmentation des cas de malades souffrant des problèmes de reins.  Or les plantes médicinales facilitent les maladies rénales. D’où la nécessité de mettre de l’ordre», martèle l’inspecteur général de la santé, le Dr Ridhoine Mohamed, qui appelle à la vigilance de tous.

 
Toujours dans l’entretien qu’il a accordé à Al-watwan, le médecin annonce que l’opération va se poursuivre. Hier, les équipes du ministère ont fermé 4 cliniques à Moroni. Quant aux responsables, ils seraient entre les mains de la gendarmerie qui a dépêché des éléments pour accompagner les agents déployés sur le terrain.  

4 centres à Moroni

Il faut reconnaitre que les cliniques traditionnelles avaient le vent en poupe auprès de beaucoup de patients vulnérables, convaincus de pouvoir trouver des remèdes auprès de ces médecins «charlatans».  Ceux-ci, pour attirer dans leurs filets de la clientèle, choisissent des pathologies dont le traitement est coûteux ou nécessite des évacuations à l’étranger, comme l’infertilité, les kystes, les règles douloureuses, les problèmes d’estomac. A Ndzuani, un seul centre est concerné. 


«Le code de la santé détaille la procédure à suivre pour toute personne souhaitant ouvrir une pharmacie ou une clinique. Il s’adresse à l’ordre des médecins ou des pharmaciens qui vérifie s’il remplit leurs conditions. Puis la demande atterrit à l’inspection générale. Une fois le dossier validé après examen, on l’envoie au cabinet du ministre à qui revient le dernier mot. Si tout est en règle, un arrêté d’autorisation est publié», a expliqué l’inspecteur Ridhoine Mohamed, qui promet de poursuive ce contrôle chez les pharmacies et les cliniques médicales, dont certains font souvent l’objet de critiques, notamment pour défaut d’hygiène mais pas que. 


Selon l’article 182 du code de la santé en vigueur, pour exercer en tant que médecin, le demandeur doit remplir 4 principales conditions. D’abord être titulaire d’un diplôme d’État de docteur en médecine ou d’un diplôme de Médecin reconnu et jugé équivalent par l’État comorien. Ensuite, il faut s’inscrire au tableau de l’Ordre national des médecins ou des chirurgiens-dentistes et être exempt de toute condamnation infamante ou contraire à une disposition contenue dans le code de déontologie médicale. Quant aux étrangers, un accord de réciprocité doit exister entre les deux pays.