Pendant trois jours à Ngazidja, l’Ong Santé Diabète a mené une vaste campagne gratuite de dépistage et de sensibilisation, qui a mobilisé médecins, agents communautaires et citoyens face au diabète.

 

Après Ndzuani, l’Ong Santé Diabète a poursuivi sa campagne nationale de sensibilisation et de dépistage du diabète à Ngazidja. L’initiative s’est déroulée sur trois jours, du samedi 31 janvier au lundi 2 février, et a couvert successivement le sud, le nord de l’île et le centre de Moroni.
À Moroni, plusieurs sites stratégiques ont été retenus, notamment Comores Telecom, le Petit Marché, le Service de migration, la Présidence ainsi que le Port. De 7h à 12h, médecins et agents de santé communautaire (Asc) ont accueilli les volontaires pour un dépistage gratuit incluant la mesure de la tension artérielle, de la taille, du poids et le calcul de l’Indice de masse corporelle (Imc). «C’est une mission qui permet de mobiliser les citoyens contre les facteurs de risque de la maladie», a expliqué Ameldine Dachiroudine, superviseur du site Comores Telecom. Selon lui, la campagne vise autant la prévention que le diagnostic précoce du diabète. 


Faisant le tour des quatre sites, plus de 200 personnes avaient déjà été dépistées avant 11h, avec un objectif de 600 personnes attendues à 13h. Au Petit Marché de Moroni, l’initiative a été bien accueillie par la population. «Je partage la joie de voir l’Ong se déplacer vers nous et de repartir avec nos résultats. Je regrette seulement le manque de communication autour de la mission», a confié Djamouenta Ahmed. Même constat du côté du superviseur Rabiou Ismael, qui a noté «une forte adhésion des marchands et des passants». «Il n’y a pas de réticence, mais nous avons accusé un léger retard au démarrage à cause de l’installation logistique », a-t-il précisé.


Toutefois, la coordinatrice de la campagne et cheffe de prévention, Gobo Ensumata, a déploré «une faible mobilisation » liée, selon elle, à un travail insuffisant des agents de santé communautaire. «La fréquentation reste faible à cause d’un déficit de sensibilisation en amont », a-t-elle confié.
Concernant le choix des sites, elle a fait savoir que «les zones ciblées regroupent majoritairement des personnes sédentaires, souvent retenues par leur travail toute la journée, ce qui limite leur disponibilité pour se faire dépister ». À l’échelle nationale, Santé Diabète ambitionne de dépister 7 500 personnes au cours de cette campagne, soit 150 personnes par site, réparties entre 16 sites à Ndzuani, 12 à Mwali et 22 à Ngazidja. Une mobilisation essentielle face à une maladie silencieuse mais en constante progression aux Comores.