À Ndzuani, aucun cas local de paludisme n’est signalé. Toutefois, 186 cas importés ont été recensés au premier trimestre 2026, en hausse. Ce qui a conduit les autorités sanitaires locales à renforcer la vigilance.

 

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, célébrée chaque 25 avril, le responsable de la lutte contre la maladie à Ndzuani, le docteur Alihidhir Abdousalam, dresse un état des lieux de la situation sur l’île. Si aucun cas local n’est enregistré, 186 cas importés ont été 
recensés au premier trimestre 2026, soit une hausse de plus de 50 cas par rapport à la même période en 2025. Lors d’un entretien accordé à la presse il y a quelques jours, le point focal du programme paludisme, a annoncé un renforcement du dispositif de surveillance aux points d’entrée. 


Selon lui, seul un dépistage systématique des voyageurs permettra de prévenir tout risque de réintroduction de la maladie à Ndzuani.
Introduisant la situation épidémiologique, il a précisé : « Pour le premier trimestre 2026, nous avons recensé 186 cas de paludisme, contre 136 à la même période en 2025. Cela représente une augmentation significative. Toutefois, aucun de ces cas n’est d’origine locale. Ils sont tous importés, principalement de Ngazidja, avec neuf cas en provenance de la Tanzanie».


Face à cette évolution, les autorités sanitaires misent sur un contrôle rigoureux aux points d’entrée. «Nos efforts se concentrent notamment au port de Mutsamudu, au petit port de Dodin et à l’aéroport de Wani. Des agents de santé communautaires sont également mobilisés pour identifier les personnes de retour de voyage et les orienter vers des tests de dépistage», a-t-il expliqué.


La prévention reste par ailleurs un axe essentiel de la stratégie, notamment à travers la distribution de moustiquaires imprégnées. Toutefois, des difficultés d’approvisionnement persistent. «Les campagnes de distribution ont lieu tous les trois ans. La zone de Pomoni est particulièrement ciblée en raison de sa vulnérabilité. Nous faisons actuellement face à une rupture de stock, mais une nouvelle campagne est prévue cette année avec l’arrivée de nouveaux lots», a annoncé le responsable.

Enfin, le docteur Alihidhir Abdousalam a appelé à la responsabilité des voyageurs afin d’éviter toute réintroduction du paludisme sur l’île. «À Ndzuani, nous ne recensons pas de transmission locale. Le risque survient lors de déplacements vers des zones endémiques. Au retour, il est impératif de se faire dépister. En cas de test positif, la prise en charge est immédiate et entièrement gratuite», conclut-il.