La fécondation in vitro est admise sous certaines conditions par des responsables religieux comoriens. En revanche, le recours aux gamètes d’un tiers est considéré comme interdit par le droit islamique.

 

La fécondation in vitro, technique médicale permettant d’aider certains couples confrontés à des difficultés de procréation, soulève également des interrogations d’ordre religieux. Aux Comores, des responsables du culte musulman rappellent les limites fixées par le droit islamique concernant les différentes procédures de procréation médicalement assistée.


Le grand cadi des Comores, Mohamed Saïd Athoumane,  insiste notamment sur l’interdiction du recours à des spermatozoïdes ou à des ovules provenant d’une personne extérieure au couple. « L’emploi d’une fécondation in vitro qui se fait à travers d’autres personnes, mais qui n’utilise pas leurs propres gamètes, est interdit dans la religion islamique », affirme ce praticien du droit islamique.


Selon lui, cette interdiction vise notamment à préserver la filiation et l’identité familiale de l’enfant. Il estime que le recours à des éléments biologiques provenant d’un tiers entraîne des conséquences au regard des règles de filiation et de succession prévues par le droit islamique.Le directeur de cabinet du Grand Mufti des Comores, Dr Saïd Abdallah, abonde dans le même sens, en rappelant que “l’islam n’interdit pas aux couples de recourir aux moyens médicaux disponibles pour avoir des enfants”.

 Pour lui, “la fécondation in vitro peut donc ainsi être envisagée, mais sous certaines conditions”. Il précise notamment que “les spermatozoïdes et les ovules utilisés doivent appartenir exclusivement au couple concerné”. La procédure ne doit pas non plus, selon lui, porter atteinte à la santé de la personne. “Ces conditions ont été examinées par des oulémas dans le cadre des règles du droit islamique”, rappelle-t-il.


Dr Saïd Abdallah rappelle également que “l’enfant demeure une bénédiction”. Il se réfère au Coran, qui “souligne qu’Allah donne à certains des enfants, filles ou garçons, aux autres des enfants des deux sexes et à certains de ne pas avoir de descendance”. Le responsable religieux évoque par ailleurs une décision adoptée le 16 octobre 1986 par l’Académie internationale du fiqh islamique, organisation dont les Comores font partie. Cette décision porte sur les méthodes de procréation médicalement assistée et interdit celles qui introduisent un élément extérieur au couple.


De son côté, le prédicateur Mohamed Saïd Dahalane rappelle également la position de l’Organisation de la coopération islamique sur ces pratiques. Selon lui, le recours à un tiers peut créer, à terme, des difficultés concernant la filiation, notamment lors d’examens médicaux ou de tests Adn. Les responsables religieux convergent ainsi sur un principe : la recherche d’une solution médicale à l’infertilité n’est pas en elle-même exclue, mais les procédés utilisés doivent, selon leur interprétation du droit islamique, préserver la filiation et rester limités aux éléments biologiques du couple.