Le Deals Day Moroni, organisé ce jeudi 21 mai à l’hôtel Retaj, a réuni plusieurs entrepreneurs comoriens venus présenter leurs initiatives et développer des connexions professionnelles. (Lire page précédente). Au milieu des stands, Admer Said, fondateur et responsable de la société « Shams Médical », a animé un stand où il a échangé avec des visiteurs, des partenaires et des professionnels de santé autour d’un domaine encore peu connu aux Comores : la maintenance biomédicale. 


Créée officiellement en octobre 2023 et enregistrée au tribunal de commerce de Moroni, « Shams Médical » est une société spécialisée dans la maintenance des équipements médicaux, l’installation d’appareils biomédicaux, le suivi technique des structures sanitaires ainsi que le conseil et l’accompagnement des projets de santé. « L’objectif affiché est d’améliorer la qualité des soins de santé aux Comores, en garantissant le bon fonctionnement et la performance des équipements médicaux », d’après son fondateur. 


Aujourd’hui, l’entreprise travaille avec plusieurs structures publiques et privées, notamment la société hollandaise dénommée Ampc (Associated medical project consulting), prestataire de l’État comorien dans le cadre du chantier du futur Centre hospitalier universitaire (Chu El-maarouf), en tant que consultant local, ainsi qu’avec des laboratoires privés et des cliniques. La société fait d’ailleurs partie des projets accompagnés dans le cadre du projet diaspora, financé par l’Afd.


Derrière cette aventure, se cache également une histoire personnelle. Admer Said explique avoir perdu sa mère en 2017 à la suite d’une maladie qui aurait pu être prise en charge plus tôt avec un diagnostic précis. Une expérience qui l’a poussé à se spécialiser dans la maintenance biomédicale avant de revenir investir aux Comores.

Un manque d’accompagnement

« L’objectif est d’assurer la maintenance des équipements médicaux, du plus petit équipement jusqu’aux appareils les plus complexes, afin de prévoir les pannes et empêcher les équipements de tomber brusquement en panne », a expliqué l’entrepreneur, s’appuyant sur le constat établi dans plusieurs établissements de santé qui disposent de plusieurs appareils mais qui, faute d’une expertise adaptée et conséquente, tombent régulièrement en panne en l’absence d’un suivi technique, compliquant les diagnostics et la prise en charge des patients.

Insistant sur « l’importance de la maintenance préventive », le responsable explique qu’à défaut de maintenance, certains appareils deviennent totalement inutilisables, obligeant les structures sanitaires à attendre des pièces venant de l’étranger avant de reprendre leurs activités. 
Malgré l’intérêt suscité par son initiative, le jeune entrepreneur regrette «le manque d’accompagnement concret accordé aux porteurs de projets».

 Installé définitivement aux Comores depuis décembre 2025 pour développer son activité, Admer Said a affirmé faire face à plusieurs difficultés administratives et financières. «Je me bats jours et nuits pour pouvoir m’installer », a-t-il dit avant d’ajouter : «j’ai sollicité l’accompagnement des banques, mais peu ont répondu présent.

J’ai aussi sollicité l’appui de l’État, mais jusqu’à aujourd’hui je n’ai reçu aucune proposition», a-t-il regretté. Sans cacher sa déception, Admer Said estime que les entrepreneurs comoriens ont surtout besoin d’un soutien pour démarrer. «Quand tu laisses une vie ailleurs pour revenir investir dans ton pays, c’est parce que tu crois à ton projet. Tu as juste besoin d’un coup de main pour pouvoir y arriver», a-t-il conclu.