À la rentrée scolaire, les goûters occupent une place importante dans le quotidien des enfants. Entre produits industriels et préparations maison, parents et spécialistes argumentent sur les habitudes alimentaires.
À l’heure de la rentrée scolaire, le goûter retrouve une place quotidienne dans l’alimentation des enfants. Sur le chemin de l’école ou dans les établissements scolaires, les produits disponibles dans les boutiques constituent souvent une solution pratique pour les familles. Biscuits, boissons gazeuses, jus de fruits, chips et confiseries figurent parmi les produits les plus accessibles.Pour le docteur Abdoul-Kader Abderemane Bashrahil, médecin spécialisé en endocrinologie, diabétologie et nutrition au Chri de Hombo, le choix des collations mérite toutefois une attention particulière. Il rappelle que l’enfant est en pleine croissance et que ses habitudes alimentaires se construisent dès le plus jeune âge.
«Un enfant, quel que soit son âge, est en pleine croissance et en plein développement. Il apprend les goûts, il est en plein apprentissage et adaptation dans son environnement», explique-t-il. Selon le spécialiste, les aliments ultra-transformés peuvent être insuffisants au regard des besoins nutritionnels de l’enfant tout en apportant une quantité importante de calories. Une consommation régulière de ces produits pourrait ainsi favoriser une prise de poids excessive et, à plus long terme, certains troubles métaboliques. Le médecin évoque notamment le risque d’obésité et de diabète de type 2.
Lire les étiquettes
Au-delà de leur composition nutritionnelle, ces produits peuvent également influencer les préférences alimentaires. «Ces aliments peuvent entraîner une dépendance au goût sucré et salé, et favoriser des troubles du comportement alimentaire», estime le médecin. Leur consommation répétée pourrait également conduire certains enfants à délaisser des aliments plus adaptés à leur croissance. Pour aider les parents à identifier les produits ultra-transformés, le docteur Abdoul-Kader recommande de consulter attentivement les listes d’ingrédients. «Le fait que l’aliment ne contienne pas des ingrédients utilisés en cuisine doit interpeller les parents», souligne-t-il. Il cite notamment la présence d’ingrédients tels que les protéines hydrolysées, la maltodextrine, l’amidon modifié ou certains arômes.
Les additifs et conservateurs doivent également être pris en compte lors du choix des produits.
Le spécialiste privilégie les goûters préparés à domicile, notamment les fruits, les yaourts nature et les produits laitiers. Il recommande également les aliments riches en protéines, comme les œufs, la viande et le poisson, ainsi que les féculents et autres aliments riches en amidon.
Les jus naturels préparés à la maison peuvent, selon lui, contribuer aux besoins énergétiques des enfants. À l’inverse, il conseille de limiter fortement les sodas, confiseries, chips et viennoiseries industrielles. «Je ne peux pas les interdire puisque nous vivons à l’ère industrielle. Ne pas en faire une habitude aujourd’hui préservera votre enfant de nombreux problèmes pour demain», insiste-t-il.
Des choix différents
Dans les familles, les pratiques varient selon les habitudes et les possibilités. Père de deux enfants, Irchad Abdouroihamane explique qu’il tient compte des goûts de ses enfants tout en fixant certaines limites. «Pour partir à l’école ou en crèche, les enfants réclament les goûters. Ces derniers ne servent pas seulement à leur faire plaisir, mais aussi à les nourrir», témoigne-t-il. Il dit refuser certains produits, notamment des chips et des gelées colorées.
Pour Me Abachia Said Hachim, la solution passe davantage par la préparation des goûters à domicile. Ses enfants sont scolarisés à l’école Walezi de Wani, qui, selon lui, interdit les produits et boissons industriels. La famille avait “déjà privilégié cette approche avant même cette règle scolaire” : son épouse prépare notamment des pizzas, des gâteaux, des pâtes aux saucisses ou encore des chips de banane plantain, accompagnés systématiquement d’eau. Les produits industriels restent exceptionnels. «Les collations industrielles, comme les chips, restent extrêmement rares. Elles ne sont proposées qu’en dernier recours, en cas où il n’y a pas de fait maison», précise-t-il.



