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Santé publique : le déni du choléra inquiète les autorités

Santé publique : le déni du choléra inquiète les autorités

Santé | -   Moinourou Moidjie

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La situation ne fait qu’aggraver la crise. Les autorités ont tenu une réunion avec les journalistes afin de sensibiliser la population, en particulier pendant cette période de rassemblement des musulmans, notamment le jour de l’Aïd.

 

Une réunion entre les journalistes et les responsables des secteurs de la santé des Comores a eu lieu hier, lundi 8 avril, à la Direction générale de la santé. Le bilan de la progression de la maladie à Ngazidja a été abordé en premier lieu, suivi d’un débat sur la manière dont la population devrait se comporter pour éliminer efficacement l’épidémie de choléra aux Comores, en particulier le comportement à adopter le jour de l’Aïd.


Il a été souligné qu’à ce jour, il y a eu 328 cas cumulés de choléra sur l’île. «Trois nouveaux cas ont été ajoutés à la liste. Un total de 301 nouveaux guéris cumulés, avec 5 nouveaux cas ajoutés hier. Il y a eu 13 décès depuis février, avec un nouveau décès survenu hier à Moroni. Actuellement, il y a 13 personnes hospitalisées», y a-t-on appris. Pour évaluer les malades, des tranches d’âge ont été déterminées.

 

«Les moins de 5 ans représentent 12,7 %, les personnes âgées de 6 à 18 ans sont à 23,6 %, et enfin les plus de 18 ans à 64,4 %. En conclusion, ce sont principalement les adultes et les personnes âgées qui sont les plus touchés par l’épidémie», a-t-on ensuite indiqué. La maladie se propage dans toutes les régions, et suscite une grande inquiétude chez les autorités. Les villages touchés sont répartis comme suit : 12 villages dans la région de Babao, 15 dans la région d’Itsandraa, 30 quartiers au centre (Moroni), 4 villages dans la région d’Amahamet – Mboikou, 5 villages dans la région de Mitsamiouli – Mboudé, 10 villages dans la région de Hambou. Une vigilance accrue est nécessaire, surtout pendant le jour de l’Aïd, une fête marquée par des festins et des festivités mémorables célébrant la fin du ramadan chez les musulmans.


Les maisons préparent de nombreuses pâtisseries, que les gens peuvent déguster à volonté, sans oublier la distribution de bonbons aux enfants qui font des allers-retours pour en avoir plus. Ainsi, le débat a porté sur cette fête, et plusieurs sujets ont été abordés en même temps, tels que la prière collective dans les mosquées et les multiples poignées de main tout au long de la journée, symbole de solidarité chez les musulmans.


Les autorités sanitaires ont insisté sur la nécessité de lutter contre la maladie et de se protéger, car la santé de la population est primordiale. Leur plus grande frustration réside dans le fait que la population ne partage pas leur inquiétude ; la majorité pense qu’il s’agit d’une fausse alerte, malgré les témoignages des proches des malades et des guéris.


La directrice régionale de la santé, Foutoum Said Ahmed Sagaf, a souligné l’importance de travailler avec la presse, étant le média le plus proche de la population, capable de transmettre des milliers de messages et recommandations. «Il serait également idéal que chaque maison dispose d’eau et de savon à l’entrée, d’éviter les poignées de main, de faire les ablutions à la maison avant d’aller à la mosquée, de sensibiliser les enfants à ne pas rendre visite à de nombreuses maisons et à ne pas manger n’importe quoi…», ont ajouté les responsables sanitaires.

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