Le service dispose notamment d’une salle de consultation, d’une salle des machines et de réparation et d’un bloc opératoire. Cette infrastructure, soutenue par Action Damien, devrait assurer la prise en charge chirurgicale des séquelles laissées par la maladie.
Le service de dermatologie de l’hôpital du Chri de Hombo dispose désormais d’une salle dédiée à la chirurgie réparatrice des séquelles de la lèpre. Une cérémonie réunissant les autorités de Ndzuani et des professionnels de santé a été organisée lundi. L’unité comprend une salle de consultation, une salle des machines et de réparation ainsi qu’un bloc opératoire. Pour le secrétaire général du ministère de la Santé, Soudjay Mohamed, le nouveau service doit accompagner les patients confrontés aux complications et séquelles de la lèpre.
«Ce nouveau service de chirurgie réparatrice est destiné à accompagner les patients présentant des complications et des séquelles de la lèpre. Ce service constitue un pilier essentiel dans la lutte contre cette maladie. Il s’inscrit pleinement dans le volet d’insertion sociale. Grâce à ce service, une solution efficace peut désormais être apportée à ces problématiques, améliorant ainsi significativement la qualité de vie des patients. Il vient pour renforcer l’action du Chri après la mise en place de l’unité de prise en charge des pieds diabétiques», a-t-il déclaré.
Une infrastructure soutenue par Action Damien
Il a également rappelé la politique de prise en charge de la maladie. «Le gouvernement comorien a depuis fort longtemps mis en place une politique de gratuité sur la prise en charge de la lèpre dans l’ensemble du territoire national. C’est pourquoi, ensemble avec nos partenaires, nous nous sommes fixés comme objectif de réduire significativement la prévalence jusqu’à moins de 1 cas sur 10 000 habitants d’ici 2030. Pour un rappel, nous sommes partis d’un peu plus de 500 cas en 2019 à moins aujourd’hui de 300 cas estimés d’ici la fin de l’année 2026», a-t-il précisé.
Dans sa prise de parole, le gouverneur de Ndzuani, Dr Zaidou Youssouf, a également salué l’ouverture du bloc opératoire. «Ce bloc opératoire n’est pas seulement un assemblage de murs en béton et d’appareils de haute technologie, c’est un sanctuaire de la renaissance. C’est le lieu où la science va redonner une forme à l’espoir et réparer les corps de nos sœurs et de nos frères mutilés par la maladie.
En ouvrant les portes du bloc opératoire de chirurgie réparatrice, nous accomplissons un acte de foi et d’humanité», a-t-il déclaré. L’investigateur principal des études de recherches pour la lèpre aux Comores, Dr Younoussa Assoumani, a souligné l’appui apporté à la réalisation de cette infrastructure. «Grâce au soutien de l’Ong Action Damien, du Dr Tine Demeulenaere, nous inaugurons aujourd’hui ce nouveau service.
Un bâtiment fragilisé
Cela a permis d’acquérir le matériel médical indispensable pour rendre les opérations chirurgicales effectives dans notre centre. Cette nouvelle infrastructure permettra à notre service d’aider nos nécessiteux pour la chirurgie réparatrice, qui coûte très cher. Depuis plus d’une décennie, des efforts constants ont été déployés pour qualifier le personnel médical local, avec une expérience réputée dans les milieux scientifiques», a-t-il expliqué.
Le représentant pays d’Action Damien, Dr Azhar Salim Mohamed, a pour sa part insisté sur la formation du personnel. «Au-delà de la réhabilitation de cette salle, Action Damien a également investi dans le développement du capital humain, élément indispensable à la pérennité de cette initiative. Avec notre appui, un chirurgien, un infirmier de bloc opératoire et un kinésithérapeute comoriens ont bénéficié d’une formation spécialisée. Aujourd’hui, ces professionnels constituent le noyau d’une expertise nationale capable d’offrir aux patients des soins spécialisés de qualité aux Comores», a-t-il indiqué.
Pour le directeur par intérim de l’hôpital du Chri de Hombo, le chirurgien Dr Attoumane Ben Ali, l’ouverture de cette salle répond à une nécessité. «Si la lèpre est une maladie aujourd’hui que l’on peut guérir grâce à la polychimiothérapie, nous savons tous qu’elle laisse derrière elle des séquelles visibles, douloureuses et stigmatisantes. Ouvrir cette salle, c’est donc plus qu’ouvrir un bloc opératoire, c’est ouvrir une porte vers la dignité retrouvée.
Cette salle a trois missions : redonner la fonction de la main, la marche au pied, le sourire au visage, permettre à chaque patient de retrouver sa place dans la communauté et dire que nul ne doit être abandonné à cause d’une maladie guérissable. Cette salle vivra, fonctionnera avec rigueur, avec hygiène et humanité et accueillera chaque patient avec le même respect, sans discrimination», a-t-il déclaré.
Le doyen du service, Dr Saverio Grillone, a toutefois attiré l’attention sur les risques du bâtiment liés aux constructions voisines. «Ce sont des locaux qui sont très importants, malheureusement en danger à cause des constructions voisines. Nous appelons les autorités à faire les interventions nécessaires pour renforcer la sécurité aux alentours», a-t-il alerté.



