La direction de l’information et des statistiques sanitaires a publié le 2 janvier dernier sur sa page Facebook, les indicateurs de suivi des programmes de santé au premier semestre de l’année 2025. A en croire les données chiffrées, l’on remarque des avancées, bien que minimes dans la lutte contre le paludisme. «De janvier à juin dernier, l’incidence de cette maladie a chuté de 18% contrairement au premier semestre 2024 avec des nouveaux cas passés respectivement de 31 025 à 25 484», précise ce rapport qui déplore 2 décès. Au niveau de la santé familiale, les Comores ont affiché un taux de réussite technique indéniable : 98,82 % des accouchements ont été assistés par du personnel qualifié.
108 nouveaux de cas de lèpre
Toutefois, le suivi préventif est resté inégal. Si Ndzuani et Mwali ont affiché plus de 60 % de couverture pour la première visite prénatale (Cpn1), Ngazidja a accusé un retard préoccupant avec seulement 33,32 %. Le semestre s’est clôturé sur un bilan lourd de 16 décès maternels et 71 décès néonataux, rappelant que l’accès aux soins d’urgence reste un combat quotidien. Par rapport à la couverture vaccinale, la direction de l’information et des statistiques sanitaires a pointé du doigt les résultats obtenus. «Les couvertures vaccinales sont toutes passées sous les cibles attendues. Avec seulement 53 % pour le Penta3 et le RR1, et un taux alarmant de 30 % pour le TD2+», dénonce le rapport, soulignant qu’une large partie de la population reste exposée à des maladies évitables.
La direction de l’information et des statistiques a dénoncé par ailleurs le fait que le secteur de la santé fonctionne sans nouveaux recrutements à la fonction publique depuis le début de l’année 2025. Plus frappant encore, «53 % des professionnels de santé en activité sont des stagiaires». Les fonctionnaires n’ont représenté, dans cette période, que «42 % des effectifs, complétés par 5 % de contractuels». Un déséquilibre qui pose la question de la pérennité de l’offre de soins et de l’encadrement des services. Le rapport publié par la direction de l’information et des statistiques sanitaires n’a pas manqué de faire un zoom sur les maladies endémiques dans le pays pendant cette période.
Il évoque une situation jugée «critique» pour la Lèpre, notamment à Ndzuani, qui enregistre 89 des 108 cas nationaux. Pour ce qui est de la dengue, 162 cas de dengue ont été détectés sur l’ensemble du territoire national dont 72 à Ngazidja, 81 à Ndzuani et 9 à Mwali. Pour le Vih/Sida, 46 nouveaux cas ont été diagnostiqués, dont 32 à Ngazidja, 13 à Ndzuani et 1 à Mwali. La tuberculose, bien qu’on n’en parle moins, continue de faire des ravages dans le pays avec 68 cas notifiés sous toutes ses formes, soit un taux de notification de 15 nouveaux cas pour 100 000 habitants. Bien que ses méfaits ne fassent pas écho, la malnutrition reste aussi un fléau préoccupant surtout dans les districts de Wani et Domoni, avec plus d’un millier d’enfants malnutris identifiés.


