À Mwali, la forte consommation de viande rouge, malgré son coût élevé, inquiète les professionnels de santé qui alertent sur ses effets sur les maladies cardiovasculaires et le diabète.
Parmi les produits carnés les plus coûteux à Mwali figure la viande rouge (bœuf ou mouton), vendue entre 3000 et 3500 francs comoriens le kilogramme. Malgré son prix élevé, elle demeure très prisée par la population. Cependant, sa consommation excessive n’est pas sans conséquences. Lorsqu’elle dépasse les recommandations nutritionnelles, elle est associée à plusieurs risques majeurs pour la santé, comme l’affirme un médecin de la place. «J’ai constaté qu’après le mois de ramadan ainsi que pendant les périodes de vacances, marquées par de nombreuses festivités de mariage, beaucoup de personnes prennent du poids. Les accidents vasculaires cérébraux deviennent plus fréquents, tout comme certains troubles digestifs. Cette situation est en grande partie liée à nos habitudes alimentaires», explique le docteur Kadaffi Ahamadi, médecin référent au Centre médical urbain de Fomboni.Ce dernier ajoute également que les féculents consommés durant ces périodes présentent un indice glycémique élevé. «On a souvent l’impression d’avoir bien mangé, alors qu’en réalité, on accumule des effets toxiques dans l’organisme. En outre, consommer de la viande rouge avant de dormir rend la digestion difficile, car elle est lente», précise-t-il.
Un changement des comportements alimentaires
Si cette viande présente des bénéfices nutritionnels, notamment pour les jeunes et les sportifs en raison de sa richesse en protéines, elle est aussi associée à certains cancers, notamment colorectal, ainsi qu’à ceux de la prostate et du pancréas. Sa forte teneur en graisses saturées favorise l’augmentation du “mauvais” cholestérol, ce qui peut obstruer les artères et accroître les risques d’infarctus du myocarde ou d’accident vasculaire cérébral (Avc). «De nombreuses études épidémiologiques montrent qu’une forte consommation de viande rouge augmente l’insulinorésistance. Même une petite portion quotidienne supplémentaire peut accroître significativement le risque de développer un diabète de type 2», précise le médecin.
Par ailleurs, un excès de protéines animales sollicite davantage les reins, pouvant entraîner leur fatigue à long terme. Face à ces constats, le praticien appelle à un changement des comportements alimentaires. «Il est essentiel d’adopter de meilleures habitudes pour préserver notre santé, tant physique que mentale. La santé s’entretient », insiste-t-il. Selon les données de la Direction de l’information et des statistiques sanitaires (Diss), les cas de diabète et d’Avc sont en nette augmentation aux Comores.Le diabète de type 1 est passé de 101 cas en 2024 à 314 en 2025, tandis que le diabète de type 2 est passé de 1069 à 1814 cas sur la même période. Ndzuani et Mwali sont les îles les plus touchées.Concernant les Avc, 322 cas ont été enregistrés en 2024 contre 324 en 2025 au niveau national.Ngazidja reste la plus affectée avec 233 cas en 2025, suivie de Mwali qui est passée de 47 cas en 2024 à 73 en 2025.La Diss met en garde contre la consommation excessive de produits industrialisés et les dérives alimentaires. Face à la progression des maladies non transmissibles, elle appelle à un renforcement de la prévention et à une prise de conscience collective.



