L’Organisation mondiale de la santé (Oms) a annoncé, le mercredi 15 janvier dernier, qu’une épidémie du virus de Marburg en Tanzanie avait causé la mort de huit personnes dans la région de Kagera. Cette région avait déjà été le théâtre d’une première flambée de Marburg en mars 2023, qui avait duré près de deux mois et s’était soldée par neuf cas enregistrés, dont six décès. L’annonce de cette nouvelle épidémie survient moins d’un mois après la fin d’une autre épidémie de fièvre de Marburg au Rwanda voisin, qui a duré trois mois et causé 15 morts.
Le directeur général de la Santé, Saindou Ben Ali Mbaé, a indiqué que les responsables du ministère de la Santé, notamment ceux en charge de la lutte contre les maladies et de la promotion de la santé, se sont réunis pour élaborer un plan visant à renforcer la capacité de prévention de cette maladie aux Comores. Il a annoncé que le système de surveillance épidémiologique aux frontières avait été renforcé, notamment depuis le passage du cyclone Chido, en particulier à Ndzuani.
Il a également tenu à rassurer la population en rappelant que, selon l’Oms, «le risque global est actuellement considéré comme faible».
Aucune restriction de voyage n’a été imposée, bien qu’une vigilance accrue soit recommandée. «Sur le terrain, des équipes nationales d’intervention rapide ont été déployées pour soutenir l’enquête et intensifier les activités de surveillance, en particulier aux points d’entrée», a précisé le responsable. «Nous comptons organiser un point de presse prochainement pour sensibiliser la population sur cette épidémie.
Symptômes à surveiller
Aucun cas suspect n’a été signalé à ce jour sur l’ensemble du territoire. Nous espérons réunir les conditions nécessaires pour améliorer les conditions de travail de nos agents», a-t-il ajouté. Cependant, plusieurs facteurs restent préoccupants, notamment l’origine encore inconnue de la flambée. La région de Kagera, bien qu’éloignée de la capitale tanzanienne et des principaux aéroports internationaux, est bien reliée aux réseaux de transport. «Elle dispose d’un aéroport assurant la liaison avec Dar es Salaam, facilitant ainsi les voyages internationaux», rappelle un communiqué de l’Oms. Autre élément inquiétant : des personnels de santé figurent parmi les cas suspects, ce qui fait craindre le risque de transmission nosocomiale.
L’épidémiologiste Faouzouz Ben Aboubacar, responsable national de la surveillance épidémiologique, a saisi cette occasion pour sensibiliser la population, notamment les voyageurs. Il a insisté sur l’importance de signaler tout symptôme suspect chez une personne en provenance de Tanzanie. «Les principaux symptômes incluent une forte fièvre, des maux de tête, des douleurs dorsales, une diarrhée sanglante, des vomissements avec du sang (hématémèse) et un état de faiblesse générale.
À un stade avancé, la maladie peut provoquer des hémorragies externes», a-t-il expliqué. «Le virus de Marburg est mortel dans 90 % des cas. Sur dix personnes infectées, seuls deux peuvent etre sauvés», a-t-il conclu.