Face à la recrudescence de la maladie en Afrique centrale, les autorités sanitaires relève le niveau de risque pour l’archipel : celui-ci passe désormais de « très faible » à « faible ».

 

La Direction régionale de la santé (Drs) de Ndzuani a organisé, ce vendredi, une conférence de presse consacrée à la situation épidémiologique liée à Ebola et au Mpox. Les responsables sanitaires ont alerté sur les risques liés aux mouvements migratoires en provenance de la région des Grands Lacs, où plusieurs pays font face à une circulation active du virus Ebola.

Selon les autorités sanitaires, la République démocratique du Congo et l’Ouganda figurent parmi les pays les plus touchés par la souche « Bundibugyo » du virus Ebola. Bien qu’aucun cas ne soit actuellement enregistré aux Comores, les services de santé estiment que l’archipel reste exposé en raison des déplacements de populations et de la présence d’étudiants comoriens dans ces zones.

Le responsable de la surveillance épidémiologique au ministère de la Santé, le docteur Faouzouz Ben Aboubacar, a annoncé une réévaluation du niveau de risque pour les Comores. « Le risque passe de très faible à faible en raison de la forte circulation des populations entre les pays touchés et la région. Pour le moment, aucun cas n’est identifié aux Comores, mais la sensibilisation reste notre première ligne de défense », a-t-il déclaré. Il a également indiqué que les autorités sanitaires sont en contact permanent avec les médecins de la zone océan Indien et déconseillent, sauf urgence, les déplacements vers les zones affectées.

Les autorités sanitaires entendent désormais renforcer la surveillance des personnes arrivant des pays exposés. Le directeur régional de la santé de Ndzuani, le docteur Ansuffoudine Mohamed, a fait savoir que les mouvements migratoires échappent de plus en plus aux circuits officiels. « Les migrants arrivent par les plages que par les ports et aéroports. Nous devons renforcer la vigilance communautaire et signaler toute personne venant des zones à risque », a-t-il alerté. Il a insisté sur la nécessité d’une meilleure circulation de l’information entre communautés, médias, agents de santé et autorités.

Les responsables sanitaires ont toutefois mis en avant l’expérience acquise dans la gestion du Mpox. Selon le docteur Ansuffoudine Mohamed, aucun nouveau cas de Mpox n’a été enregistré aux Comores depuis le 23 avril. Plus de 2 300 alertes communautaires ont été traitées et des contrôles sont maintenus aux points d’entrée du territoire. « Cette expérience renforce aujourd’hui les capacités des équipes sanitaires face au risque Ebola », a-t-il affirmé.

Pour sa part, le docteur Samir Mohamed a rappelé les différences entre Ebola et le Mpox. Selon lui, Ebola est nettement plus contagieux et présente un taux de mortalité pouvant atteindre 90 % des cas positifs. Il a également précisé que, contrairement au Mpox, la souche actuelle d’Ebola ne dispose pas encore de vaccin et nécessite des traitements lourds.

Enfin, l’épidémiologiste et responsable régional de la surveillance sanitaire, Outiati Ahmed, a insisté sur le rôle central des communautés et des médias dans la prévention. « La sensibilisation et le signalement des personnes venant des pays exposés restent essentiels », a-t-elle insisté. Elle a ensuite appelé à une mobilisation collective pour prévenir toute introduction du virus dans l’archipel.

Ahmed Zaidou