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«Sous le voile du bonheur» du Dr Farida Atoissi : «Lever les préjugés» qui entourent le port du voile

«Sous le voile du bonheur» du Dr Farida Atoissi : «Lever les préjugés» qui entourent le port du voile

Société | -   Dayar Salim Darkaoui

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Deux ans après sa sortie, aux éditions L’Harmattan en 2016, «Sous le voile du bonheur» du docteur Farida Atoissi, une réflexion sur le port du voile, reste toujours d’actualité. La médecin généraliste au service d’Orl du Centre hospitalier national El-Maarouf a entamé, début septembre, une promotion de son livre, préfacé par Cheikh Hamidou Kane, au Sénégal. La campagne va se poursuivre, à partir d’aujourd’hui mardi, aux Comores, à l’Alliance française de Moroni. L’auteure espère «lever les préjugés» qui entourent le port du voile.

 

Une jeune fille qui part faire ses études au Sénégal, guidée par la foi et qui tombe sous le charme de son pays adoptif… «Sous le voile du bonheur» du docteur Farida Atoissi a des airs de roman autobiographique. Mais ne l’est pas nécessairement, à en croire l’auteure, qui concède, néanmoins, s’être inspirée de son expérience personnelle. Le livre restitue, explique-t-elle, «le combat quotidien de toutes ces femmes et filles qui empruntent le chemin de la pudeur». Car le «chemin de la pudeur», comme elle le laisse entendre, n’est pas de tout repos, «entre les injonctions familiales et les préjugés de la société».


Farida Atoissi évoque ainsi, «sans rancœur», l’épisode de cet oncle qui, un jour, lui arrache le voile en pleine rue au Sénégal. Un geste aussi «blessant» que lorsque l’on parle de «Jawla» ou de «Jabha» pour désigner cette femme qui décide, «de son plein gré», de porter le voile. Ici se situe, précisément, la principale motivation de l’auteure par rapport à l’écriture de son roman : «lever les préjugés» autour du port du voile. C’est-à-dire battre en brèche cette idée qui voudrait qu’une femme qui porte le voile soit forcément sous l’influence d’une tierce personne, «un père ou un époux», par exemple. «J’ai toujours porté le voile, et cela relève d’un choix personnel», fait-elle savoir du haut de son jilbab bleue. Et il n’y a pas chez la femme, selon elle, plus grand symbole de liberté. En ceci qu’elle outrepasse les jugements des autres.

Etre «aussi bien accueillie»…

Mieux encore, elle ferait preuve d’une «maturité spirituelle» en ne répondant pas à ceux qui la traitent de tous les noms. «L’on ne répond pas au mal par le mal». D’où cette idée de «bonheur», dans le sens d’apaisement, véhiculée par le roman. «J’en ai marre que les gens me demandent si je suis heureuse. Mon seul regret est de ne l’avoir pas porté assez tôt», «restituant, ainsi», les propres d’une Sénégalaise. Outre la liberté et le bonheur, la médecin généraliste ajoute un troisième mot pour symboliser le voile : la persévérance. «La vie est pleine d’épreuves. Mais les femmes voilées vivent plus d’épreuves que les autres, parce que leur choix est visible. Elles doivent puiser en leur foi une force intense pour leur servir de guide», fait-elle valoir. Dans ce livre, il n’est pas question seulement de foi, de liberté et de bonheur, mais aussi d’attachement à une terre d’hospitalité : le Sénégal, pays de la Teranga. Ce pays où «l’on n’a nullement besoin de crier pour être épaulé par les autres».


La doctoresse Farida Atoissi y a mis le pied pour la première fois en 2003, et malgré son départ dix ans plus tard, elle y est restée attachée. En raison, entre autres, de sa ressemblance avec les Comores, son pays natal. «Je me considère sénégalaise d’adoption», dit-elle. C’est donc au Sénégal qu’elle a entamé, début septembre, la campagne de promotion de son livre, préfacé par Cheikh Hamidou Kane. Celle-ci va se poursuivre, à partir d’aujourd’hui, mardi, 9 octobre, aux Comores, à l’Alliance française de Moroni. En attendant les écoles, l’Université, etc. Tout ce qu’espère l’auteur, c’est que le livre soit aussi bien accueilli qu’il l’a été au Sénégal pour permettre, enfin, de «lever tout le voile des préjugés».



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