Présent au congrès de la fédération européenne de primatologie, Nouwair Hassani, doctorant et chercheur en primatologie, partage son expérience et met en exergue la montée en puissance de la recherche et de l’étude des primates ainsi que la vocation à la faire connaitre. Il sollicite ainsi les encouragements des jeunes et les appelle alors à s’orienter vers les études de ce domaine, au profit de la richesse naturel du pays.

 

Le doctorant Nouwair Hassani a représenté le pays au congrès de la fédération européenne de primatologie, qui a eu lieu du 29 juin au 3 juillet dernier, à Montpellier. L’évènement est organisé au moment où la préservation de la biodiversité est devenue un enjeu mondial. La participation de chercheur comorien dépasse le cadre académique et met en lumière, selon lui, l’importance de la recherche sur les primates pour la conservation des écosystèmes comoriens.


«A ma sortie de licence en Sciences de la vie, la faculté des sciences de l’Université des Comores ne comptait qu’un seul docteur en biologie animale et spécialiste en entomologie (études des insectes). 13 ans plus tard, ils en sont 5. Aujourd’hui, il y en a sur les animaux supérieurs. On en compte un ornithologue spécialiste des oiseaux, et un mammalogue, spécialiste des petits mammifères carnivores. Je voulais me démarquer en faisant quelques choses de nouveau, mais complémentaires pour les autres chercheurs du pays. Je serais donc le premier dans cette discipline de recherche scientifique aux Comores», a confié Nouwair Hassani, chercheur en primatologie à l’Université d’Antananarivo. 

«Des liens significatifs»

Ce dernier explique que la primatologie est la science qui s’intéresse à l’étude des primates dans tous ces aspects de recherche tels que l’écologie, la sociabilité, le comportement, la vocalisation, la parasitologie, la génétique vétérinaire. Dans ce groupe, il y a les gorilles, les singes, les orangs-outans, les chimpanzés, les lémuriens, les humains, entre autres. 

«Cette discipline est très sollicitée vu que les primates sont les plus proches de l’homme. Du coup, lorsqu’ils sont malades, nous sommes susceptibles d’être rapidement les prochains sur la liste. Nous partageons ensemble jusqu’à 40 maladies transmissibles, telles que l’Ebola qui attaque actuellement le nord de la Rdc ou la variole du singe ou Mpox qui menace Madagascar et Comores. Récemment, le système des Nations unies, à travers l’Oms et la Fao, a mis en place l’approche «One Health» reliant la santé humaine, la santé animale et la protection des écosystèmes pour prévenir et gérer efficacement ces crises sanitaires», a-t-il expliqué. 

La fédération européenne de primatologie réunit, tous les deux ans, toutes les associations de primatologie des pays d’Europe. «Pour ce 11è congrès, l’assistance a abordée les interactions primates-environnement pour mettre en lumière les liens forts de coexistence entre les humains et les primates non humains. J’en suis particulièrement ravi de prendre part à cet évènement car, j’ai appris, à l’occasion, que le comportement des primates non humains n’est pas loin de celui de notre espèce. Ils réalisent beaucoup de geste en commun avec nous, surtout en étant bébé. Ils ressentent l’affection et la douleur, ils font le toilettage comme nous au quotidien. C’est peut-être le langage qui nous différencie le plus», a fait savoir le doctorant. 


En tout cas, cette conférence lui a permis de tisser, selon lui, «des liens significatifs» avec beaucoup de chercheurs du Nord en primatologie, quels que soient leur stade de carrière. «Je tiens donc à remercier la Meck-Mbeni pour avoir contribué financièrement en partie, à mon voyage en Europe», a-t-il jubilé. Nouwair Hassani a révélé que peu de primatologues connaissent les Comores et sa biodiversité, qu’il y aurait alors énormément de travail à ce propos. C’est ainsi qu’il a tenu à préciser que la biodiversité des Comores est encore vierge en termes d’études et de recherches, «pourtant nos forêts disparaissent à grande vitesse à cause de l’agriculture»