La 11ème conférence africaine sur la géothermie du Rift africain (ARGeo-C11) a été officiellement lancée hier, mercredi 21 octobre, dans l’après-midi, au Palais du Peuple, à Moroni. Cet événement continental majeur fait de la capitale comorienne «l’épicentre des discussions sur la transition énergétique en Afrique».
Placée sous le thème «libérer le potentiel des ressources géothermiques de l’Afrique : une voie vers le développement durable», cette biennale est co-organisée par le gouvernement de l’Union des Comores, via le Bureau géologique des Comores (Bgc), en partenariat avec l’Association africaine de géothermie (Aga) et la Commission de l’Union africaine (Ua). Lors de la cérémonie officielle d’ouverture le chef de l’Etat, Azali Assoumani, a insisté sur « une diplomatie de l’action» et «une coopération Sud-Sud accrue» pour promouvoir les potentialités africaines dans tous les domaines.
Les petits Etats insulaires en développement
Selon lui, l’objectif est de «transformer le vaste potentiel et les talents du continent africain en progrès concret, durable, partagé», afin de mettre l’énergie au service direct de la prospérité des peuples africains. «Le temps est venu de faire de la coopération énergétique africaine une véritable diplomatie de l’action, fondée sur la solidarité, le partage, le respect et l’expérience de la mobilisation des investissements et de la recherche d’un développement durable au bénéfice de notre peuple», a-t-il déclaré.
Azali Assoumani a rappelé, par ailleurs, que l’engagement autour de ce projet de la géothermie vise à transformer une richesse souterraine potentielle en énergie économique et à convertir la vulnérabilité énergétique des communes en une opportunité de résilience afin de léguer aux générations futures un pays plus autonome, mieux préparé et confiant dans son cours de développement.
«Nous devons ainsi renforcer les partenariats entre nos pays, intensifier la coopération sud-sud et faciliter le partage les connaissances, les expériences, notamment au bénéfice des petits états insulaires en développement», a-t-il demandé. Formuler le vœu «que Moroni soit, durant ces journées, non seulement un lieu d’échange scientifique et technique, mais également un lieu de convergence et de volonté», le président a ouvert l’Argeo-C11 et lancé officiellement les travaux.
Plus de 1 500 délégués, comprenant des scientifiques, des ingénieurs, des décideurs politiques, des financiers et des partenaires au développement, se sont réunis pour explorer les innovations technologiques, les cadres réglementaires et les mécanismes de financement nécessaires pour accélérer le déploiement de la géothermie sur le continent.
Le représentant du Système des Nations unies (Snu) auprès de l’Union des Comores a tenu à préciser que l’engagement de son institution se poursuivra avec un accent sur «le renforcement des capacités nationales, la gouvernance du secteur, la mobilisation des financements et des expertises pour les prochaines étapes, ainsi que l’intégration des exigences environnementales et sociales dans les futurs investissements», entre autres. «Hier, nous avons contribué à poser les fondations de la mission géologique nationale. Aujourd’hui, nous accompagnons la préparation d’une étape décisive d’exploration.
Demain, nous allons poursuivre cet engagement pour que cette ambition se traduise en énergie durable, en emploi et en une possibilité», a-t-il promis. Le président de l’Association africaine de géothermie a indiqué à cette occasion que l’énergie géothermique peut fournir une électricité fiable, renforcer la sécurité énergétique et soutenir la croissance industrielle. «Tous aussi importants, les gaz géothermiques peuvent faciliter l’agriculture, la transformation agroalimentaire, la réfrigération, le tourisme et d’autres activités productives qui génèrent des entreprises, des emplois et de la valeur pour les communautés locales», a-t-il expliqué.
Moroni, «lieu de convergences et de volontés»
De son côté, le maire de Moroni, satisfait de voir le pays réussir à abriter un événement de cette envergure, a souligné que la tenue de cette conférence à Moroni permettra de partager les expériences, de renforcer les compétences et de mobiliser les partenaires nécessaires au développement de cette énergie en Afrique. À la suite de la cérémonie d’ouverture officielle, le président Azali Assoumani et les représentants des différentes délégations internationales ont effectué une visite guidée exclusive des stands d’exposition, menée par Nakib Ali Mhoumadi, directeur général du Bureau géologique des Comores (Bgc). (Lire aussi page 4).
Ce dernier a présenté aux officiels « les dernières avancées technologiques et cartographiques liées au développement des énergies renouvelables dans l’archipel». L’accent a été mis sur « le potentiel en géothermie des Comores, un secteur stratégique au cœur des discussions de cette 11ème conférence sur la géothermie du Rift africain (ARGeo-C11)». Les délégations ont pu découvrir les études de faisabilité en cours ainsi que les opportunités d’investissement qu’offre le sous-sol comorien pour diversifier le mix énergétique national et réduire la dépendance aux énergies fossiles.



