La chaîne de télévision nationale a célébré ses vingt ans en présence des autorités venues honorer un outil au service de l’information et de la cohesion sociale. L’événement a salué son parcours, ses acteurs et les défis d’un audiovisuel public en mutation.
La cérémonie officielle marquant la célébration des 20 ans de l’Office de radio et télévision des Comores(Ortc), s’est tenue ce mercredi 29 avril au Palais du peuple dans une ambiance solennelle. L’événement a été honoré par la présence du chef de l’Etat, Azali Assoumani, du président de l’Assemblée de l’Union, Moustadroine Abdou, du président de la Cour suprême, Cheikh Salim Attoumani, du grand mufti, Aboubacar Abdillah Djamalilaili, des membres du gouvernement, des élus et des cadres. Plusieurs personnalités politiques, administratives, anciens responsables de l’Ortc, journalistes et partenaires de l’institution, ont également été présents.
Le directeur général de l’Ortc a d’abord exprimé sa profonde reconnaissance envers l’ensemble des acteurs ayant contribué à la construction et à l’évolution de la télévision nationale. «Je voudrais remercier tous ceux qui ont participé, de près ou de loin, à l’édification de cette maison», a-t-il déclaré. Rendant hommage aux pionniers de l’audiovisuel comorien, anciens responsables et journalistes, il a salué leur engagement et leur persévérance qui ont permis à l’Ortc de s’imposer dans le paysage médiatique national durant ces vingt dernières années.
Une mention à la Chine et un hommage aux précurseurs
Hablani Assoumani a adressé une mention spéciale à la République populaire de Chine, partenaire numéro un de la télévision nationale, sachant qu’ «elle a construit le bâtiment, l’a équipé et continue de l’équiper toujours jusqu’à lors ». Hablani Assoumani a également eu une pensée particulière pour les grandes figures de la boîte qui ont quitté ce monde. «Nous n’oublions pas ceux qui sont partis très tôt. Leur contribution reste vivante dans l’histoire de cette institution», a-t-il souligné.
Évoquant les défis du secteur, il a rappelé les sacrifices consentis au fil des années et le soutien des autorités et partenaires. Il a enfin appelé à poursuivre les efforts de modernisation. « L’Ortc doit continuer à se transformer pour répondre aux exigences du temps et rester fidèle à sa mission de service public », a-t-il précisé. La ministre Fatima a d’abord livré un discours empreint de reconnaissance. Ancienne journaliste, elle a d’abord exprimé son attachement particulier à «sa maison».
«Je m’exprime ici avec l’émotion particulière de celle qui connaît les exigences du métier, car j’ai été journaliste à l’Ortc », a-t-elle rappelé, soulignant que l’audiovisuel public comorien s’inscrit dans une histoire plus large, marquée par la vision fondatrice de plusieurs générations de responsables et de journalistes, évoquant notamment les pionniers de la radio et de la télévision nationale. Pour elle, «cette célébration n’est pas un simple retour sur le passé, mais un moment de reconnaissance du chemin parcouru et des efforts continus de modernisation».
La ministre a également salué la mémoire des professionnels disparus, rendant hommage à tous ceux qui ont contribué, depuis les premières heures, à bâtir la radio et la télévision comoriennes. Elle a enfin insisté sur la dimension formatrice de l’Ortc, qu’elle a décrite comme une véritable école de rigueur et de responsabilité. « L’Ortc est une école d’humilité, de rigueur et de responsabilité, au service de la nation », a-t-elle insisté. Clôturant les interventions, le président de la République s’est réjoui de prendre part à cet événement.
Il saisira ainsi l’occasion pour rappeler que «vingt ans, c’est un âge de maturité, d’énergie et de responsabilité ». Pour lui, il s’agit d’un moment important pour reconnaître une institution qui s’est consolidée au fil du temps et devenant «un véritable miroir de notre nation», au service de la cohésion nationale et du vivre-ensemble.
Le rôle central de l’audiovisuel public
Le chef de l’Etat a également invité à se projeter vers l’avenir, appelant à «tracer les perspectives des vingt prochaines années», afin de renforcer les acquis et accompagner les mutations du secteur de la communication aux Comores. Revenant sur l’historique du projet, Azali Assoumani a rappelé que le projet de la télévision nationale a été initié dès février 1996 par feu le Président mohamed Taki Abdoulkarim et que la première pierre a été posée le 4 août 1999 par le président Azali qui a eu lui même à inaugurer le bâtiment construit avec l’appui de la République populaire de Chine.
Soulignant l’importance de la communication dans la société comorienne, en tant qu’outil de partage de l’information et de valorisation de l’action publique, le président a, toutefois, mis en garde contre les dérives possibles, sachant qu’elle peut parfois «déformer la réalité, fragiliser le débat public ou influencer négativement les opinions».
Le chef de l’Etat a, enfin, insisté sur la responsabilité des acteurs du secteur, dans un contexte marqué par la montée des réseaux sociaux et de la blogosphère. Pour lui, ces espaces doivent rester des lieux de rigueur, d’éthique et de vérité, au service d’une information fiable. Ainsi, au-delà de la célébration, cet anniversaire aura surtout mis en lumière le rôle central de l’audiovisuel public dans la construction de l’information, du lien social et de la cohésion nationale.


