À l’occasion de la 41ᵉ commémoration de Mbae Trambwe, le président par intérim de la Fondation Mbae Trambwe, Tarzi Anziz Boina, revient sur l’héritage de cette figure historique, le programme des festivités et le combat mené pour faire reconnaître officiellement cette célébration comme une véritable fête nationale.
Que prévoit la Fondation pour cette 41ᵉ édition de la commémoration de Mbae Trambwe ?
Pour cette 41ᵉ édition de la fête Mbae Trambwe, nous avons choisi comme thème « La vision de Mbae Trambwe sur la protection de l'enfant ». Ce choix s'inscrit dans le contexte actuel marqué par les violences qui touchent les enfants et les jeunes. Le programme s'étale sur trois jours. Le vendredi 26 juin, à partir de 15 heures, au Cndrs, une conférence-débat sera organisée autour de ce thème, accompagnée d'un stand consacré à la gastronomie et à la broderie traditionnelles. Le samedi 27 juin, plusieurs activités sont prévues notamment un concours interscolaire de langue comorienne, un atelier sur le développement du leadership à travers le théâtre, ainsi qu'une veillée poétique et artistique qui se poursuivra jusqu'en soirée. Enfin, le dimanche 28 juin, auront lieu la finale du concours, une exposition consacrée à Mshe Mhaza, avant la cérémonie officielle de clôture.
Pouvez-vous retracer l'histoire de la journée Mbae Trambwe ?
Cette commémoration existe depuis 1985. À l'origine, elle était organisée par l'Association culturelle de Kwambani Nourouzamane. En 1994, la Fondation Mbae Trambwe (Fmt) a été créée pour poursuivre et renforcer cette initiative. En 2001, alors qu'il était ministre de la Culture, le capitaine Sidi a lancé une célébration à vocation nationale afin de donner davantage de portée à cette journée.
Qui était exactement Mbae Trambwe ?
Mbae Trambwe était un roi de la région du Washili qui aurait vécu au 17ème siècle. Il est surtout reconnu pour sa sagesse. Contrairement à de nombreux souverains de son époque, il privilégiait le dialogue et la réflexion plutôt que la guerre. Il était également poète et philosophe. Il nous a légué le Pohori, une œuvre majeure de la poésie comorienne qui constitue aujourd'hui un important héritage culturel. Son palais royal est toujours visible à Kwambani.
La fête Mbae Trambwe est considérée comme une célébration nationale. Pourquoi est-elle encore essentiellement célébrée au niveau local ?
En 2001, le ministre de la Culture de l'époque avait annoncé la volonté de faire de cette journée une célébration nationale. Toutefois, cette décision n'a jamais été officiellement consacrée par un décret. C'est pourquoi la commémoration continue d'être principalement organisée à Ngazidja, plus précisément à Kwambani, dans la région de Washili, où elle est célébrée chaque année.
Quelles démarches entreprenez-vous pour obtenir sa reconnaissance officielle ?
Depuis plusieurs années, nous poursuivons les démarches nécessaires afin que cette journée soit officiellement reconnue par les autorités. Lors de l'édition 2025, nous avons de nouveau interpellé le gouvernement, à travers notre discours, afin qu'il officialise cette célébration. Malheureusement, cette demande n'a pas encore abouti. C'est la raison pour laquelle cette fête demeure, dans les faits, une célébration locale plutôt qu'une véritable fête nationale.
Quelles actions la Fondation mène-t-elle dans le domaine de l'éducation afin de préserver la mémoire de Mbae Trambwe ?
Nous reconnaissons que ce volet mérite encore d'être renforcé. Nous souhaitons développer davantage nos actions, notamment une fois que la fête aura obtenu une reconnaissance officielle. Nous envisageons notamment de mettre en place des cours d'apprentissage du shikomori. En attendant, la Fondation organise déjà plusieurs activités éducatives destinées aux jeunes : des formations à la prise de parole en public, des ateliers de lecture, des procès fictifs, des concours de traduction du français vers le shikomori ainsi que d'autres initiatives visant à promouvoir la langue et la culture comoriennes.



