Depuis décembre dernier, Le Rotary Club de Moroni est entré dans son soixantième année d’existence. Cette célébration a été marquée par la création d’un nouveau club Interact destiné à inculquer les valeurs de leadership et de service aux jeunes de 12 à 18 ans, et par la présentation d’un projet régional ambitieux en faveur de la santé maternelle et néonatale, porté avec des clubs partenaires de Madagascar, de Djibouti et de La Réunion. Ce projet vise la formation de 60 sages-femmes et l’équipement de maternités aux Comores, à Djibouti et à Madagascar, trois pays de la région confrontés à des défis similaires en matière de santé des mères et des enfants. Al-watwan s’est entretenu avec le gouverneur du District 9220 du Rotary International, Bernard Leong-Son, à l’occasion de son récent déplacement aux Comores, pour aborder tous ces sujets.
Qu’avez-vous ressenti en arrivant aux Comores et qu’est-ce qui vous a le plus marqué durant ce séjour ?
C’était ma première visite aux Comores. J’ai été marqué par un très bel accueil, plein de chaleur et d’amitié. J’ai été particulièrement touché par la jeunesse Rotarienne qui s’est montrée désireuse de faire découvrir son pays et sa culture. J’ai eu l’occasion avec eux notamment de vivre une cérémonie de grand mariage et de danse traditionnelle qui m’a laissé un fort souvenir et la conviction de la richesse culturelle de ce pays de l’océan Indien.
Quel regard portez-vous sur le Rotary aux Comores et sur l’engagement des Rotariens sur le terrain ?
Je constate que les Rotariens sont très engagés dans les causes qui les animent. J’ai fait aussi le constat, et j’ai eu l’occasion d’en parler avec eux, qu’il y avait encore de la place pour créer d’autres clubs et servir davantage, que ce soit dans d’autres îles ou en explorant des clubs thématiques. 120 ans après la création du Rotary, il y a eu beaucoup d’innovation dans la famille Rotarienne, ce qui permet d’offrir de nombreuses façons de servir, en tenant compte de la diversité des profils.
Votre séjour a également été marqué par une visite au Président de l’Union des Comores. De quoi avez-vous échangé et que retenez-vous de cette rencontre ?
Son Excellence le Président Azali Assoumani est un homme assurément galant, accueillant, doté d’un bon sens de l’humour, et qui apprécie le travail fait par les Rotariens aux Comores. Le Rotary club de Moroni m’avait confié d’ailleurs qu’il était un de leurs membres d’honneur. Nous avons échangé sur les liens qui unissent les Comores et Maurice, pays dont je suis originaire, et aussi du Rotary dans ses aspects concrets. Nous en avons profité pour lui adresser les meilleurs vœux à l’occasion du cinquantenaire de l’Indépendance des Comores.
Justement, le soixantenaire du Rotary Club de Moroni s’inscrit dans une année particulière, celle du cinquantenaire de l’indépendance des Comores. Quel sens donnez-vous à ce parallèle entre l’histoire du pays et celle du Rotary club ?
Je note tout d’abord que le Rotary International a 120 ans et que le Rotary club des Comores, qui est l’un des quatre plus anciens clubs de l’océan Indien, a été créé juste 60 ans après la création de cette institution, ce qui confirme la valeur historique de ce club. Plusieurs personnes vous confirmeront que ce club a su accompagner le pays durant toutes ces années, particulièrement au moment de son accession à l’indépendance, à travers la formation de nombreux cadres comoriens. Il s’agit donc d’un club engagé historiquement depuis l’indépendance des Comores pour être au service de ce pays. Ce qui justifie que la célébration du soixantenaire du club se fait dans le cadre de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance du pays.
A cette occasion, un projet régional en faveur de la santé des mères et des enfants a été présenté. En quoi ce projet vous parait-il important ?
La santé de la mère et de l’enfant est un des axes stratégiques du Rotary International. C’est la base même d’un pays qui se développe. Ce projet porté par le Rotary club de Moroni, en partenariat avec d’autres clubs du District, est un projet pour lequel je demande d’accorder de l’importance car il permet de contribuer à ce que les mères et les enfants se portent bien dans trois pays de la région où cela s’est révélé le plus nécessaire, à savoir les Comores, Djibouti et Madagascar. C’est à travers ce projet phare que le Rotary club de Moroni souhaite célébrer son soixantenaire, et je me réjouis de voir qu’il s’inscrit également dans le cadre de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance des Comores.
Soixante ans après sa création, le Rotary Club de Moroni lance un club destiné aux jeunes de 12 à 18 ans, la plus jeune génération de Rotariens. Que vous inspire cette orientation vers la jeunesse ?
Le Rotary accorde beaucoup d’importance à la jeunesse car elle est notre futur. Les programmes jeunesse du Rotary soutiennent le développement des Rotaractiens (des jeunes professionnels de 18 ans et plus) ainsi que des Interactiens (des jeunes de 12 à 18 ans). Un des domaines d’action du Rotary est d’ailleurs l’action jeunesse, où les Rotariens sont invités à inculquer des valeurs de service dès le plus jeune âge, ce qui ne peut être que bénéfique.
Le Rotary reste encore une organisation méconnue. Comment l’expliquez-vous et que pourriez-vous dire pour présenter cette organisation ?
Le Rotary est quand même l’une des plus vieilles organisations de Service au monde, si ce n’est la première, avec 120 ans d’existence. Nous œuvrons sur 7 axes stratégiques (Paix et prévention des conflits ; Prévention et traitement des maladies ; Accès à l’eau potable, assainissement et hygiène ; Santé des mères et des enfants ; Alphabétisation et éducation de base ; Développement économique local ; Environnement). Il est important que les médias fassent connaître les réalisations du Rotary pour permettre à la population de mieux les connaître.
Quels sont vos vœux pour les 60 prochaines années du Rotary aux Comores ?
Mon plus grand vœu est qu’il y ait plus de clubs Rotary, Rotaract et Interact aux Comores, et que l’esprit Rotarien s’y développe davantage au cours des prochaines années, pour le plus grand bonheur de la population comorienne.
Quel message souhaitez-vous adresser à la population comorienne ?
Mon vœu le plus cher est que les Comores connaissent une croissance équilibrée dans laquelle la population sera toujours heureuse.





