Une étude présentée à la récente édition des journées scientifiques de l’Université des Comores révèle l’impact des conditions de conservation sur la qualité des œufs. Elle met en évidence «une dégradation accélérée» et appelle à des mesures adaptées.


Présentée lors de la sixième édition de la journée scientifique organisée à la Faculté des sciences et techniques de l’Université des Comores, l’étude d’Ahmed Msahazi décrit une problématique quotidienne mais peu documentée : la qualité des œufs de consommation vendus à Moroni.
Intitulé «Évaluation de la dynamique de dégradation physico-chimique et de l’oxydation lipidique des œufs de consommation vendus à Moroni», ce travail s’inscrivait dans le thème général de l’événement, «le numérique au service du vivant et de la santé».

Il s’intéresse aux effets des conditions de conservation sur un produit largement consommé, qu’il soit d’origine locale ou étrangère. Au cœur de l’étude, un constat préoccupant : l’absence quasi généralisée de chaîne de froid et des conditions de stockage souvent précaires sur les marchés de la capitale. «L’œuf de table vendu à Moroni, qu’il soit local ou importé, est souvent marqué par l’absence de chaîne de froid et par des conditions de conservation précaires», souligne le chercheur.

La vitesse de dégradation des œufs 

Dans un climat où les températures peuvent atteindre 30°C, ces conditions accélèrent les mécanismes de dégradation.
L’étude met en évidence plusieurs transformations physiques et chimiques :«affaissement du jaune, liquéfaction du blanc et oxydation des lipides». Ces phénomènes altèrent non seulement la qualité nutritionnelle des œufs, mais peuvent également poser des risques pour la santé des consommateurs.


L’objectif du travail est d’aller au-delà du constat en mesurant précisément la vitesse de dégradation en fonction de plusieurs variables, notamment l’origine des œufs (locaux ou importés) et leurs conditions d’exposition. Une démarche scientifique qui vise à produire des données encore inexistantes dans le contexte des milieux tropicaux insulaires comme celui des Comores. À travers cette étude, c’est toute la question de la sécurité alimentaire en milieu urbain tropical qui est posée, avec en filigrane la nécessité d’améliorer les pratiques de conservation pour protéger la santé publique.

Ahmed Msahazi, un profil scientifique engagé

Originaire de Mitsamiouli, Ahmed Msahazi est formé dans la filière «Sciences de la vie» à l’Université des Comores, où il obtient une licence en 2011. Ses travaux s’inscrivent dans le champ de l’analyse physico-chimique et microbiologique des aliments et de l’eau. Il a développé des compétences en échantillonnage, caractérisation de la flore microbienne, dosage chimique ainsi qu’en techniques de laboratoire comme la chromatographie ou la spectrophotométrie.


Depuis 2019, il intervient comme ingénieur de recherche bénévole au laboratoire Aliments, Réactivité et Synthèse de Substances Naturelles (LAR2SN), tout en contribuant à des analyses de potabilité de l’eau. En parallèle, il transmet son savoir en enseignant la chimie et la physique-chimie .