Le Synaco et la Nouvelle Opaco contestent le relèvement de l’acompte sur impôt à l’importation, et dénoncent une mesure sans concertation et susceptible d’accentuer les difficultés des entreprises et la vie chère.
Le Sydicat national des commerçants (Synaco) et la Nouvelle Opaco (Organisatio patronale des Comores) contestent la nouvelle mesure portant sur l’Acompte sur impôt (AI) à l’importation, entrée en vigueur le 1er septembre 2026. Elles dénoncent notamment le relèvement du taux de 1 % à 10 %, l’absence de concertation avec le secteur privé et le risque d’une répercussion sur les prix à la consommation.
Les deux organisations ont convié la presse, le samedi 12 septembre dernier au restaurant Le Select, pour exposer leurs préoccupations. Le président du Synaco, Abdou Boina, a vivement contesté la décision du ministère des Finances. «Nous sommes surpris de voir que le gouvernement a pris la décision d’augmenter de 10 % les taxes douanières sans aucune consultation», a-t-il déclaré. Le responsable syndical a affirmé que les opérateurs économiques n’entendent pas accepter cette décision. «Nous n’acceptons pas et nous n’accepterons pas la décision d’augmentation de 10 % des taxes. Nous espérons que le ministre des Finances, le directeur général des Douanes et le directeur général des Impôts nous inviteront très bientôt pour parler de cette décision», a-t-il insisté.
De son côté, le représentant de la Nouvelle Opaco, Hamidou Mhoma, a expliqué : «L’Acompte sur impôt, cette taxe, nous payons généralement 1 % sur la valeur Caf de la marchandise. Maintenant, c’est 10 % de la valeur.» Selon l’analyse présentée par le patron de Graphica, le nouveau dispositif crée une différence de traitement entre les catégories d’entreprises. Les importateurs enregistrés auprès de la Direction des grandes et moyennes entreprises (Dgme) bénéficieraient d’un taux de 0 %, tandis que les entreprises qui n’en relèvent pas, notamment les très petites entreprises (TPE) assujetties à la taxe professionnelle unique (TPU), seraient soumises à un taux de 10 %.
Pour Hamidou Mhoma, cette distinction pourrait instaurer une concurrence déséquilibrée entre des entreprises pourtant régulièrement déclarées. «Le problème du nouveau tarif, c’est qu’il pénalise des entreprises formelles qui travaillent déjà dans le respect de leurs obligations fiscales», estime-t-il. Le représentant de l’Opaco redoute également une répercussion du surcoût sur les consommateurs. Selon lui, l’augmentation de l’acompte sur impôt pourrait accentuer la pression sur les prix et contribuer à aggraver la vie chère.
Risque sur les importations
Le patronat s’inquiète par ailleurs de la conjoncture des importations. Une étude de l’Observatoire de la Chambre de commerce fait état d’une baisse de près de 9 % des importations de certains produits de première nécessité au premier semestre. Pour les organisations patronales, une hausse de la fiscalité à l’importation pourrait accentuer cette tendance et, à terme, réduire les recettes douanières attendues.
Synaco et Nouvelle Opaco regrettent enfin l’absence de concertation préalable avec les opérateurs économiques. Ils rappellent qu’une convention destinée à encadrer les relations entre la douane et le secteur privé avait été signée en août 2023.Face à cette situation, le secteur privé demande la suspension de la nouvelle mesure afin d’ouvrir un dialogue avec les autorités. Il préconise également une révision des seuils de chiffre d’affaires servant à catégoriser les entreprises et un ciblage plus précis des acteurs totalement informels.



