Pour le chef de l’Etat, annoncer la hausse des prix des produits pétroliers n’a pas été une décision facile à prendre, rassurant toutefois, d’un accompagnement rigoureux du gouvernement. Les prix et les mesures d’accompagnement seront annoncés prochainement par arrêtés ministériels dans les jours à venir.
Le chef de l’Etat, Azali Assoumani, s’est adressé à la nation hier, mardi 5 mai, en début de soirée depuis le palais de Beït-Salam, pour annoncer, «avec un sentiment de gravité», « un ajustement nécessaire, mesuré et responsable» des prix des produits pétroliers, motivé par la situation au Moyen-Orient et les fluctuations des prix du baril de Brent. A entendre le président, cette décision a été prise «après plusieurs jours de discussions avec le gouvernement, les acteurs du secteur privée, les opérateurs économiques et les associations de consommateurs».
Une décision qui a été difficile à prendre, indiquant qu’à ce jour, «le gouvernement a mobilisé tous les leviers possibles pour retarder au maximum l’ajustement des prix des produits des hydrocarbures, espérant une accalmie de la situation internationale». Et de regretter le fait que l’attente de cet apaisement semble perdurer. «C’est ainsi que la Société comorienne des Hydrocarbures ne peut plus continuer à absorber indéfiniment des pertes sans mettre en péril l’approvisionnement de toute la Nation», a-t-il annoncé.
Le chef de l’Etat a tenu à préciser que cette décision fait suite aux concertations menées avec les structures compétentes et les organisations concernées pour «garantir la continuité de l’approvisionnement de nos îles et éviter des pénuries qui seraient inévitables et autrement plus insupportables ». Pour ce qui est du prix et des modalités de mise en œuvre de ces mesures, le président a fait savoir qu’ils seront annoncés à travers différents arrêtés et par les interventions techniques des ministres compétents qui vont suivre dans les prochains jours.
Le chef de l’Etat dit mesurer la portée de cette décision ainsi que des conséquences qui en découleront sur le pouvoir d’achat des citoyens, sans oublier son impact sur les activités du secteur privé. Cependant, il a rassuré la population «d’un accompagnement rigoureux de l’Etat», face à cette situation issue de la crise géopolitique qui perdure depuis plusieurs mois au Moyen-Orient, à l’origine de la fermeture du détroit d’Ormuz par lequel passe un tiers du pétrole mondial. «Cet accompagnement poursuivra un certain nombre d’objectifs visant à protéger la population, contenir l’inflation alimentaire, maitriser la hausse des prix des denrées essentielles, contenir les tarifs de l’électricité et encadrer les tarifs des transports», a-t-il déclaré, soulignant que ces mesures vont être annoncées dans les jours à venir afin «d’accompagner et protéger les ménages les plus vulnérables et soutenir les secteurs vitaux de notre pays».
Face à cette situation de crise nationale, le chef de l’Etat a appelé à une transparence accrue pour lutter contre la spéculation. Il a, par ailleurs, annoncé «la mise en place d’une cellule de veille qui fera valoir les prix qui seront fixés par les autorités». Des contrôles seront, selon toujours lui, effectués. Tout comme des sanctions seront prises contre toute forme d’abus qui sera observée ou encore, toute tentative de profiter illégitimement de cette situation.




