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Adsf : Un projet pour la réduction des violences faites aux femmes et aux mineurs

Adsf : Un projet pour la réduction des violences faites aux femmes et aux mineurs

Société | -   Dayar Salim Darkaoui

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Ce projet est parrainé par le gouvernement australien à travers son Programme d’aide directe (Pad) qui le finance à hauteur de 17 millions de francs comoriens. Il s’intègre dans les axes, un et deux, de la feuille de route nationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Le chef du bureau de l’Adsf à Moroni estime que «les viols des mineurs et les violences à l’endroit des femmes ne diminueront pas tant qu’il n’y aura pas de politique de prise en charge et une harmonisation du travail des différents acteurs».

 

À l’issue d’une tournée effectuée à Ngazidja, Ndzuani et Mwali consistant à «s’imprégner des réalités du terrain», le bureau national de l’association «Agir pour le développement de la santé des femmes» (Adsf) s’apprête à lancer, officiellement, son projet destiné à la «réduction des violences faites aux femmes et aux mineurs aux Comores». L’annonce a été faite, hier mardi, par le chef du bureau de l’Adsf-Comores, Chabani Bourhane, dans les locaux de l’association sis à Moroni Magudjuu.

Ce projet est parrainé par le gouvernement australien à travers son Programme d’aide directe (Pad) qui le finance à hauteur de 17 millions de francs comoriens. Il porte sur les axes, un et deux, de la feuille de route nationale de lutte contre les violences faites aux femmes.

Cinq cent trois cas de maltraitances ont été enregistrés en 2017 contre trois cent cinquante en 2003, soit une augmentation de plus de cent cinquante cas en quatorze ans. Le prochain recensement, révèle Chabani Bourhane, laisserait entrevoir un taux «alarmant» de vingt femmes sur cent victimes de maltraitances aux Comores. le chef du bureau de l’Adsf-Comores estime que «les viols des mineurs et les violences à l’endroit des femmes ne vont pas diminuer tant qu’il n’y aura pas un programme de prise en charge et une harmonisation du travail des différents acteurs».

L’Adsf s’engage, ainsi, à dispenser des formations sur la prise en charge médicale et psychologique, à favoriser le travail en réseau des cellules d’écoutes et à renforcer leurs capacités ainsi que celles des médecins, des juges, des avocats, des gendarmes et policiers. Elle va lancer une série de formations sur la «prise en charge psychologique» des enfants et des femmes victimes de violences, lundi prochain, sur l’île de Djumbe Fatima.


Le chef de bureau de l’Adsf plaide, de même, pour une prise en charge psychologique des auteurs de viols pour «éviter les récidives». «La justice doit comprendre que la prison ne constitue pas un traitement. La récidive est synonyme de pathologie. Quelqu’un qui a été écroué plusieurs fois pour viol, même s’il est emprisonné dix ans, est susceptible de rechuter s’il n’est pas suivi psychologiquement», explique-t-il.

Le projet, qui a débuté le mois de mai dernier, va s’étendre sur douze mois. Chaque mois une formation devrait être dispensée avec une causerie organisée dans un village choisi pour sensibiliser la population.


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