Sur les 30 migrants, une survivante était candidate à un départ volontaire. Elle est rentrée chez elle, en République démocratique du Congo, ce lundi. Elle avait perdu une sœur dans la tragédie qui a coûté la vie à une vingtaine de personnes dans la nuit du mercredi au jeudi à Mitsamihuli, au nord de Ngazidja.

 

Près d’une semaine après la tragédie qui a coûté la vie à une vingtaine de migrants à Mitsamihuli, une Congolaise a décidé de rentrer chez elle, ce lundi. « Elle a décidé de retourner dans son pays, la République démocratique du Congo. Le voyage a été pris en charge par sa famille », a assuré une source sécuritaire, jointe au téléphone par Al-watwan, ce mardi. « Elle a perdu sa sœur, jeudi dernier », a-t-elle ajouté.

29 migrants se trouvent encore à Ngazidja. « Ils ont tous quitté l’hôpital et se trouvent actuellement à Moroni dans une zone sécurisée. Nous espérons qu’ils se décideront à rentrer chez eux », a fait savoir notre interlocuteur.

Les 51 personnes, majoritairement d’origine congolaise (l’on compte quelques ressortissants burundais), voulaient se rendre sur l’île comorienne de Mayotte. Les passeurs les ont déposés non loin d’une plage de Mitsamihuli, au nord de Ngazidja, mercredi 18 mars dans la soirée. Les riverains qui ont participé aux opérations de secours estiment qu’ils ont été abandonnés là aux alentours de 21h00. Ils ont entendu les cris de détresse à la marée montante.

Le 19 mars, dans la journée, d’autres corps ont été repêchés. « Dans la nuit d’hier, nous avons trouvé 8 décédés, les corps ont été repêchés par les habitants de Mitsamihuli, pêcheurs et autorités. Ce matin, on a pu repêcher 9 corps, ce qui fait qu’actuellement, nous avons 17 décédés. Les garde-côtes sont en train de rechercher les 4 corps disparus », avait alors indiqué le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ahamada Assoumani, qui avait fait le déplacement à Mitsamihuli en compagnie du ministre des Affaires étrangères, Mohamed Mbae.

Le patron de la police avait tenu un point presse. Étaient également présents le gouverneur de Ngazidja, Ibrahim Mohamed Mze, le patron des renseignements Fakridine Mahamoud, James Tsok Bot, le coordinateur résident des Nations unies aux Comores ou encore la cheffe de bureau de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Sonia Rosi.

Un corps a ensuite été retrouvé en fin de journée, le jeudi. 3 personnes sont toujours recherchées et les chances de les retrouver s’amoindrissent de jour en jour.

Les 18 corps ont été inhumés à Mitsamihuli, dans une parcelle offerte par la commune.

Le pays est confronté depuis plus de 5 ans, de façon récurrente, à des vagues de migrants. Néanmoins, « c’est la première fois qu’on a connu des pertes de vie. Cela montre vraiment l’aspect malheureux de ce mouvement qui est, de base, criminel », avait réagi James Tsok Bot, le coordinateur résident des Nations unies aux Comores.

Le 27 octobre dernier, 66 migrants ont été débarqués à l’aube sur une plage à Mitsamihuli. Ils étaient originaires pour la plupart de la République démocratique du Congo. Une semaine auparavant, c’est la localité de Salimani dans le Hambou qui était confrontée au phénomène. 70 migrants se trouvaient à quelques mètres du rivage. Tous croyaient être arrivés à Mayotte.

Le phénomène a poussé les autorités à se doter de nouveaux textes sur le trafic des migrants, entre autres. Des procès ont eu lieu, notamment à Moroni, et des peines lourdes ont été prononcées contre les mis en cause.