Commerçants et clients de l’Onicor haussent le ton après des mois d’attente. Ils exigent le remboursement intégral ou la livraison du riz promis et appellent à l’intervention urgente du gouvernement.

 

Après des mois, voire des années d’attente, la colère monte de nouveau chez les clients de l’Onicor (Office national d’importation et de commercialisation du riz). Vendredi 23 janvier, des commerçants ont manifesté devant l’établissement à Moroni pour exiger leurs droits. Ils ont dénoncé une situation devenue intenable. «Jusqu’à maintenant, nous n’avons eu ni le riz, ni l’argent », s’est indigné l’un d’eux, évoquant deux années de difficultés ayant conduit certains à la faillite. Avec la baisse du prix du riz sur le marché, plusieurs affirment avoir investi des millions de francs comoriens sans retour. «Vaut mieux qu’ils nous rendent l’argent pour que chacun prenne sa part et parte », a-t-il lancé.Maman Hamida, également commerçante, s’est plainte d’avoir stocké près de 500 sacs impropres à la vente, après avoir perdu environ 25 millions de francs comoriens. «L’État ne nous considère pas», a-t-elle regretté.


Même tonalité chez Halima Ismael, qui a martelé : «Nous voulons l’argent, pas le riz». Elle déplore que les biens engagés dans les banques commencent à être mis en ventes par ces dernières . Malgré des promesses répétées du ministre de l’Économie, aucune solution concrète n’a été trouvée. «Nous ne voulons plus de promesses, nous voulons des réalisations », a-t-elle insisté, appelant l’État à «intervenir rapidement» pour débloquer cette situation, comme il l’a récemment fait pour aider la société à éponger cinq mois d’arriérés de salaires des agents.Mi-2025, ces clients de l’Onicor avaient déjà évoqué leur situation devant la presse, en réclamant le «remboursement intégral» ou une «livraison conforme» de leur riz. Ils avaient aussi exigé la «prise en charge des pertes et pénalités bancaires» par la société publique, et une «enquête indépendante et des sanctions exemplaires» contre ses responsables qui ont pris leur argent sans en retour leur livrer le riz promis.