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Affaire Nazra : Le parquet reconnait une enquête «complexe»

Affaire Nazra : Le parquet reconnait une enquête «complexe»

Société | -   A.S. Kemba

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Les complicités présumées et les facilitées créées, d’une part, et le défaut de surveillance de l’ensemble des opérations, d’autre part, inquiéteraient les services judiciaires du pays au point d’adopter une technique méticuleuse de reconstitution des faits depuis 2019. «L’enquête est relativement longue et complexe et suivant cette situation nous ne pouvons-nous hasarder à donner des chiffres», indique un communiqué publié hier par le parquet de la République. Les personnes à interroger, les données à confirmer et les liens à reconstituer rendent le travail des enquêteurs particulièrement méticuleux.

 

Le parquet de la République a reconnu hier la complexité de l’affaire Nazra Said Hassani «pour démêler le vrai du faux», savoir le degré de collaboration des uns et des autres mais aussi déterminer les complices et les victimes.

Le ciel commence toutefois à s’éclaircir dans la galaxie Nazra. Deux entités publiques, Comores Télécoms et l’Agid, sont, pour l’instant, les premières cibles. Plusieurs agents ont été arrêtés, depuis le samedi 8 avril. Les premières données de l’enquête permettront de comprendre la technique déployée par Nazra Said Hassani et les éventuels soutiens obtenus dans les différents milieux où la jeune sévissait avant de constituer son empire financier.


Un quota d’arrestation pourrait être élargi, dans les prochains jours, pour les besoins de l’enquête, selon nos informations. Les officiers souhaitent faciliter les simulations des données dont certaines remontent à l’année 2019.

«Il y a de nombreuses personnes à interroger pour concorder les données. Lorsqu’on apprend un chiffre, on doit le confirmer, vérifier, recouper et le reconfirmer par d’autres informations. Nous sommes obligés d’interroger de nombreuses personnes pour authentifier les chiffres, les confronter avec d’autres avant de les confirmer», indique une source proche des enquêteurs.

« Si des gens sont arrêtées et entendues, cela ne signifie pas qu’ils sont impliquées directement ou indirectement. Mais juste pour nous confirmer des données obtenues», ajoute notre source. Les complicités présumées et les facilitées créées, d’une part, et le défaut de surveillance de l’ensemble des opérations, d’autre part, inquiéteraient les services judiciaires du pays au point d’adopter une technique méticuleuse de reconstitution des faits depuis 2019.

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«L’enquête est relativement longue et complexe et suivant cette situation nous ne pouvons-nous hasarder à donner des chiffres», ajoute un communiqué du parquet de la République publier hier lundi 10 avril. Les personnes à interroger, les données à confirmer et les liens amicaux ou professionnels à reconstituer rendent le travail des enquêteurs particulièrement méticuleux. Des contre-interrogatoires sont également prévus durant toute cette semaine.


Le parquet reconnait, par ailleurs, que «la majorité des personnes réclamant les remboursements» sont «des agents de sociétés d’Etat ou de l’administration publique», selon toujours ce communiqué. Une donnée qui corrobore avec l’information livrée hier à Al-watwan, selon laquelle des receveurs de la société Comores Telecom ont reconnu «avoir pris de l’argent» dans les caisses de la société, selon une source proche de l’enquête.

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«Il y a plusieurs receveurs», dit notre source qui refuse de nous dire les montants présumés touchés.L’ampleur des faits et leurs ramifications ont créé la stupeur dans de nombreux milieux, selon toujours nos sources.

A ce jour, aucune donnée officielle sur les sommes n’a filtré. «Il est prématuré de donner une estimation des sommes détournées et/ou escroquées car, comme nous vous le disions, Mme Nazra Said Hassani a commencé ses manœuvres depuis l’année 2019», souligne encore le communiqué du parquet.

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