Le ministère de l’Agriculture a apporté, hier, des éléments de réponse aux accusations formulées par la société Nouveau Houssalam dans le cadre du différend qui l’oppose aux responsables du département dans le cadre de l’exécution des travaux fiancés par le Projet intégré de développement des chaînes de valeur (Pidc).

 

Le directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture, Fouad Mohamed, a rappelé, au cours d’une conférence de presse organisée mardi 1er septembre au ministère, que le Pidc, financé notamment avec l’appui de la Banque mondiale, a été clôturé en 2024. Il a précisé que le projet était la propriété du ministère et que les fonds appartenaient donc à l’Etat. Il affirme que «la fin du projet» n’efface pas les droits dus  au ministère, porteur du projet. 


Il a apporté des éclaircissements sur les déclarations faites devant la presse par le gérant de l’entreprise Nouveau Houssalam  qui accuse AFG Bank et le ministre d’avoir «dérobé» son argent estimé à 19 millions de francs. Fouad Mohamed a d’abord expliqué que dans le cadre du Pidc, plusieurs entreprises, majoritairement comoriennes, avaient été engagées pour la construction de pistes dans les zones agricoles. Selon le ministère, quatre contrats ont été résiliés à l’amiable. Le différend persiste en revanche avec le groupement TSH, constitué de trois entreprises comoriennes.

Un niveau d’exécution jugé «insuffisant»

D’après les explications du ministère, l’entreprise avait sollicité le versement de 20% du montant total du contrat, soit environ 58 millions de francs comoriens. Le contrat prévoyait une durée de quatre mois pour 4 kilomètres de bitumes. Or, après quatre mois, renouvelés deux fois à la demande de l’entreprise (c’est-à-dire douze mois), le niveau d’exécution n’aurait pas atteint les 50% attendus. Le directeur de cabinet indique que sur le tronçon de quatre kilomètres, seuls 10% de travaux de décapage auraient été réalisés. Le bureau de contrôle aurait évalué ces travaux à environ 1,4 million de francs. Le ministère indique également qu’un million de francs avait été débloqué pour l’installation du chantier.

L’avocat du ministère de l’Agriculture, Me Ibrahim Halidi Nazif, a expliqué qu’une somme de 58 millions de francs a été décaissée dans le cadre de la phase préliminaire de l’exécution du chantier. À ce jour, 19 millions auraient été récupérés. Il a assuré la poursuite des démarches pour récupérer le reliquat. La Banque mondiale, selon les conférenciers, demande au ministère le remboursement des sommes concernées car les fonds n’avaient pas été utilisés. Le ministère appelle ainsi l’entreprise TSH à rembourser la totalité des 58 millions de francs et affirmé que les montants correspondants aux travaux engagés seront, eux, pris en compte, soit moins de deux millions de francs, selon son évaluation, promettant le paiement des travaux réellement exécutés par l’entreprise.