Près de deux ans après avoir payé leurs commandes de riz à l’Onicor, plusieurs commerçants attendent toujours soit la livraison de leur marchandise, soit le remboursement de leur argent. Une situation qui a plongé nombre d’entre eux dans de graves difficultés financières, certains ayant contracté des prêts bancaires, perdu une partie de leur clientèle et vu leurs activités fortement fragilisées.
Ce mardi 16 juin marquait l'expiration de l'accord conclu entre l'Onicor, les commerçants, le ministère de l’Économie, la gendarmerie nationale et le Synaco comme témoin. Pour réclamer l’exécution des engagements non tenus après deux ans d'attente, les commerçants se sont rassemblés devant le siège de l’établissement.
Présentes sur les lieux, les forces de l’ordre les ont dispersés, mais ils se sont ensuite regroupés à proximité du stade de football, en face du siège de la société. Pour rappel, le protocole d’accord signé le 16 avril dernier concernait une commande de 5 040 tonnes de riz, soit 187 conteneurs, effectuée en septembre 2024 auprès d’un fournisseur tanzanien, ainsi que d’autres créances antérieures.
Une commande de 5 040 tonnes de riz
Le document stipule dans son article 2 que «dans l’attente de l’arrivée du lot attendu pour compléter et régulariser définitivement la commande du riz tanzanien, l’Onicor s’engage, dans un délai ne pouvant excéder deux mois à compter de la date de signature, à verser, dans le cadre d’un processus de remboursement, la somme de 162 millions de francs comoriens, équivalant à 15 conteneurs, afin de soutenir les clients impactés par cette crise et favoriser la relance de leurs activités».
Cependant, à l’échéance des deux mois fixée par le protocole, les commerçants dénoncent l’absence de toute mesure concrète de la part de cet établissement public. Selon eux, aucun des engagements pris n’a été respecté. «Cela fait exactement deux mois que nous avons signé cet accord à l’amiable avec les autorités pour le remboursement de nos quinze conteneurs.
Aujourd’hui, l’Onicor nous doit encore 1 269 tonnes de riz, soit 47 conteneurs, pour une valeur totale de 507,6 millions de francs comoriens. Nous avons contracté des prêts auprès des banques et nous devons honorer nos échéances. Si rien n’est fait, nous sommes prêts à manifester tous les jours jusqu’à obtenir gain de cause», a déclaré le commerçant Abdillah Ibouroi.


