Une vidéo virale évoquant un viol à Nyandombweni ya Hamahame a provoqué tensions et confusion. Les autorités villageoises dénoncent des publications mensongères portant atteinte à la réputation du village et appellent à la prudence.

 

Une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux la semaine dernière, montrant une intervention de la gendarmerie nationale à Nyandombweni ya Hamahame, a provoqué une vive émotion. À l’origine de cette agitation, des accusations selon lesquelles un père aurait violé sa propre fille.
Face à l’ampleur de la polémique, le journal Al-watwan s’est rendu sur place ce mercredi 29 avril en fin de journée pour recueillir la version des autorités locales.

Le chef de poste de la police municipale du village, Nassim M’madi Ali, a tenu à apporter des éclaircissements sur les faits. Selon lui, l’affaire remonte au début du mois d’avril, lorsque des rumeurs ont commencé à circuler au sein de la localité, alimentées par l’état de santé préoccupant d’une adolescente d’environ 15 ans. Craignant un passage à l’acte de la jeunesse locale, prête à s’en prendre au père suspecté, la police municipale a décidé de placer ce dernier en cellule pour sa propre sécurité. «La situation devenait incontrôlable.

Nous avons sollicité l’intervention de la gendarmerie nationale de Moroni pour éviter un drame», a expliqué le chef de poste. Il a précisé que la jeune fille, issue d’une mère de nationalité étrangère, vivait avec son père au sein d’une nouvelle famille installée à Nyandombweni. De son côté, le chef du village, Ahmed Ali Soilihi Mchambulu, a exprimé sa colère face à la tournure prise par cette affaire sur les réseaux sociaux. Il a dénoncé des publications qualifiées de «sabotage» et d’ «atteinte grave à l’honneur de la localité ». Selon lui, l’intervention de la gendarmerie, survenue il y a près d’un mois vers 18 heures, faisait suite à « une demande des habitants eux-mêmes, dans l’objectif de protéger le suspect et de permettre à la justice de faire son travail». Toujours selon le notable, le suspect (un homme d’environ 38 ans, connu localement pour son addiction à l’alcool) «a été relâché trois jours après son interpellation, à l’issue des premières investigations». Il serait ensuite retourné brièvement à Nyandombweni avant de retourner s’installer à Moroni.Mais au-delà des faits initiaux, ce sont surtout les contenus diffusés récemment qui inquiètent les autorités locales.

Une image circulant sur internet, présentée comme celle d’une famille de Nyandombweni impliquée dans l’affaire, serait en réalité sans lien avec la localité. «Tout le monde m’appelle pour demander de qui il s’agit. Ce sont des visages inconnus ici», déplore le chef du village. Face à ce qu’il considère comme une campagne de désinformation, Ahmed Ali Soilihi appelle à des mesures fermes contre les auteurs de ces publications. Il évoque notamment une réaction collective de la communauté pour défendre l’image du village. «Diffuser de fausses images pour salir toute une localité est inacceptable. C’est un sabotage qui ne peut rester sans réponse», insiste-t-il.