Après avoir brisé la vitre d’un camion de la société Wietc à cause de la poussière soulevée par le passage de ce dernier, le jeune Mroipvili échappe aux poursuites de l’entreprise mais écope d’une sanction communautaire de sa localité, Mbeni.
Le 3 août dernier, un incident survenu sur la voie publique à Mbeni a vivement fait réagir la communauté locale. Exaspéré par le passage d’un camion de la société chinoise Wietc (Weihai International Economic & Technical Cooperative Co., Ltd) qui soulevait un important nuage de poussière, un jeune couturier de la ville, Mroipvili (plus connu sous le surnom de «Masta»), a jeté une pierre sur le véhicule, brisant l’une de ses vitres. Face à cet acte de dégradation, la notabilité de Mbeni s’est rapidement réunie pour statuer sur le sort du jeune homme.
Comme l’a rapporté la page Facebook «Mbeni Neuf», trois sanctions étaient initialement envisagées : l’expulsion du jeune par sa propre famille, une peine d’humiliation publique (charivari expiatoire), ou le nettoyage de l’ensemble des cimetières de la localité. Finalement, les notables ont tranché.
Une jeunesse divisée
«La ville a décidé d’abandonner les autres types de sanction pour ne retenir que le nettoyage des cimetières sous surveillance», a déclaré Mbaé Charif, dit «Papa Allaoui», au nom des autorités coutumières.Il a précisé que la réparation du préjudice matériel restait une affaire à régler entre l’auteur des faits et l’entreprise.Cette sanction ne fait pas l’unanimité parmi les jeunes de Mbeni. Certains, à l’instar de Charia Ahmada, jugent la peine excessive et estiment que «la seule sanction juste aurait été de réparer la voiture».
D’autres appellent au contraire Mroipvili à assumer son acte avec dignité. «Accepter ses erreurs et assumer ses responsabilités, ce n’est pas une preuve de faiblesse, c’est devenir un homme. Ne prends pas cela comme une punition, mais comme une leçon», lui a conseillé Ilzam Iliyassa sur les réseaux sociaux. D’autres voix locales appellent à l’indulgence et rappellent le parcours constructif du jeune homme. Parti en Tanzanie suivre une formation professionnelle après un échec scolaire, Mroipvili était revenu en 2025 pour ouvrir son propre atelier de couture. Dynamique et apprécié, il confectionne notamment les tenues des associations locales pour les parades du 6-Juillet (Fête nationale). «Il n’est absolument pas violent au sens propre du terme», témoigne un proche.
Wietc pardonne
Si la notabilité s’est montrée ferme, l’entreprise chinoise Wietc a quant à elle opté pour l’apaisement. Touchés par la démarche des parents de Mroipvili, qui se sont déplacés pour présenter leurs excuses et plaider la cause de leur fils, les responsables de la société ont décidé de classer l’affaire.Sous couvert d’anonymat, un employé de Wietc a confirmé qu’aucune suite judiciaire ni demande de remboursement ne sera engagée. «Face à l’émotion et à la démarche sincère de la famille, la direction a rassuré les parents. Il n’y aura ni poursuites ni obligation de réparation, seulement le pardon», a affirmé ce dernier.


