L’Agence nationale de l’habitat et le projet Bundo la Malezi ont lancé à Mwali une formation à la fabrication de briques en terre stabilisée, avec l’ambition de soutenir l’emploi local et la construction durable.

 

L’Agence nationale de l’habitat (Anh), en partenariat avec le projet Bundo la Malezi, a procédé, le lundi 22 juin 2026 à Mwali, au lancement officiel d’une formation dédiée à la fabrication de briques en terre stabilisée. La cérémonie s’est tenue dans les locaux de la direction de l’Habitat de l’île, en présence notamment du directeur général de l’Habitat, du coordinateur du projet Bundo la Malezi, du secrétaire général adjoint du ministère de l’Aménagement du territoire ainsi que d’élus locaux.


Cette initiative, financée par l’Agence française de développement (Afd) et coordonnée par le ministère de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme, des Affaires foncières et du Transport terrestre, vise à promouvoir des matériaux de construction écologiques, durables et adaptés au contexte comorien.Plus de dix ouvriers ont été sélectionnés pour bénéficier de cette formation. Encadrés par l’ingénieur Youssouf Madi Irfani, ils suivront des modules théoriques et pratiques avant de prendre en charge la production de ces briques à plus grande échelle.

 Lors d’une démonstration réalisée sur place, l’ingénieur a expliqué le procédé de fabrication. «Ces briques sont fabriquées à partir d’un mélange de terre, d’eau et d’une faible quantité de ciment. La pâte obtenue est ensuite compressée à l’aide de presses hydrauliques manuelles », a-t-il fait savoir. Selon lui, cette technique permet d’obtenir des matériaux particulièrement résistants grâce à la forte compression exercée sur le mélange.


Bien que la terre soit l’une des principales ressources naturelles disponibles à Mwali, la production de briques en terre stabilisée a progressivement décliné ces dernières années. Pour Nourdine Bourhane, coordinateur du projet Bundo la Malezi, la relance de cette filière répond à un besoin concret. Il a rappelé que le ministère de l’Éducation nationale, à travers le Projet d’amélioration de l’environnement scolaire (Paes), prévoit la réhabilitation de 45 établissements scolaires à travers le pays, du primaire au lycée, selon des normes de conception bioclimatique.

 «La production des briques en terre stabilisée permettra de réduire le chômage, car il s’agit d’un matériau très demandé dont le coût de production reste relativement faible. Nous espérons utiliser ces briques dans la construction des futures écoles», a-t-il dit devant la presse.De son côté, le directeur général de l’Agence nationale de l’habitat, Youssouf Soidiki Halidi, s’est félicité du lancement de ce programme. Il a annoncé que «le gouvernement ambitionne de construire 2 500 logements d’ici à 2036».

 Selon lui, «le recours aux briques en terre stabilisée contribuera à valoriser les ressources locales et le savoir-faire national».
Il convient de rappeler que les équipements utilisés pour cette production proviennent du programme « Habitat » lancé sous la présidence d’Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Ce projet n’avait toutefois pas pu être concrétisé après la fin de son mandat en 2011.