Une mission de la Banque islamique a échangé avec le gouvernement sur le financement des filières agricoles, notamment l’aviculture, ainsi que sur la finance islamique et l’accès au crédit pour jeunes et femmes.
Une mission de la Banque islamique, conduite par son administrateur pays, Omar Davis, a séjourné dans le pays. Elle a été reçue en audience, vendredi dernier, par le ministre des Finances, du Budget et du Secteur bancaire, Moussa Abdérémane, en présence du ministre de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Artisanat, Dr Daniel Ali Bandar. La rencontre a notamment porté sur la restitution des travaux menés par la Banque islamique de développement (Bid) en appui au développement des chaînes de valeur agricoles aux Comores. Au cours des échanges, l’accent a été mis sur un projet consacré au développement de la filière avicole. L’objectif est de mettre en place une chaîne de production intégrée, allant de la fabrication de la provende à la transformation industrielle de la volaille.
Le projet prévoit ainsi plusieurs maillons : la production d’aliments pour volailles, l’installation d’un incubateur pour la production de poussins, l’élevage de poulets de chair et, enfin, une unité industrielle destinée à la transformation des produits avicoles avant leur commercialisation. «La chaîne sera complète, de la production de la provende à l’incubateur et à la production des poussins, jusqu’à l’élevage de la volaille et à sa transformation pour la consommation», a expliqué le ministre des Finances.
À travers cette approche intégrée, le gouvernement entend, selon le ministre, soutenir durablement la production locale et réduire les difficultés liées à l’approvisionnement des différents maillons de la filière. D’après lui, le développement de la filière avicole devrait être suivi par un autre projet consacré au manioc, à la patate et à d’autres produits agricoles. «Il s’agira notamment de développer leur transformation en farine, leur conditionnement et leur commercialisation. Les produits transformés pourraient être destinés au marché comorien, mais également aux marchés régionaux», a-t-il fait savoir. Le financement de ces projets devrait être assuré conjointement par le gouvernement comorien et la Banque islamique.
Les jeunes et les femmes
Le dispositif envisagé comprend également « une ligne de crédit » issue de la finance islamique, destinée aux porteurs de projets dans les secteurs concernés. Selon l’argentier du pays, les conditions de financement sont plus accessibles que celles proposées par le marché local, avec pour objectif d’encourager notamment les jeunes et les femmes à investir dans la production et la commercialisation agricoles. «Les infrastructures mises en place devront, elles aussi, contribuer à structurer les filières et à faciliter l’accès au financement pour les opérateurs comoriens souhaitant investir dans ces secteurs», a-t-il dit.
La réunion a également permis d’aborder la question du financement du projet lié au Village des Jeux des îles de l’océan indien de 2027. Le ministre a tenu à préciser qu’aucun financement de la Banque islamique n’est actuellement prévu pour le Village olympique lui-même, dont la construction est entièrement financée par les banques locales. «Un deuxième volet concerne toutefois la construction de logements destinés à la vente et, plus largement, l’accès à la propriété immobilière. Sur ce point, le gouvernement souhaite explorer avec la Banque islamique la possibilité de mettre en place des instruments de financement adaptés», a-t-il soutenu.
Parmi les pistes évoquées figure notamment le crédit-bail islamique, qui pourrait constituer, d’après lui, un mécanisme de financement pour accompagner cette seconde phase du projet. «La délégation de la Banque islamique devrait examiner cette proposition et formuler des pistes de financement», a-t-il déclaré.Les discussions ont enfin porté sur le développement de la finance islamique aux Comores.
Pour Moussa Abderemane, le gouvernement travaille notamment sur une stratégie visant à mettre en place une ligne de financement dédiée à la microfinance islamique. «La création éventuelle d’une banque islamique aux Comores fait également partie des réflexions engagées. Ces démarches sont menées en lien avec la Banque centrale des Comores, afin d’examiner les conditions nécessaires au développement de ce type de financement dans le pays», a-t-il affirmé.



