À Mwali, les producteurs intensifient les cultures vivrières pour répondre à la demande du prochain ramadan. Des récoltes de patates douces et de taros sont attendues.
À Mlédjélé, considéré comme le principal grenier agricole de Mwali, les activités de plantation s’intensifient à l’approche du prochain mois de ramadan. Les techniciens agricoles multiplient les initiatives pour accroître la production locale et contribuer à réduire la dépendance aux importations alimentaires.
Au Centre rural de développement économique (Crde) de Mledjele, visité ce week-end par le secrétaire général du gouvernement, Nour-El Fath Azali, une coopérative de 30 membres, dont 20 femmes, originaires de Miremani, exploite une superficie de quatre hectares consacrée aux cultures vivrières. Pour cette campagne, 5 000 boutures de manioc et 40 000 lianes de patates douces ont été mises en terre.
100 tonnes de taros
Selon les techniciens du centre, ces variétés ont un cycle de six mois, ce qui permet d’envisager une récolte avant le ramadan. «Nous avons deux variétés de patates douces. Une variété soudanaise, au goût très sucré, et une autre de couleur bronze, moins sucrée. Nos variétés ont un cycle de six mois. D’ici au prochain mois de ramadan, nous espérons récolter jusqu’à 20 tonnes de ces produits, soit 10 tonnes de chaque variété», a expliqué Nabouhane Mohamed, technicien agricole au Crde de Mledjele. Il s’est montré confiant quant à la disponibilité des produits agricoles pendant cette période de forte demande.
Le site bénéficie de l’appui de deux projets du ministère de l’Agriculture : le projet Chaînes de valeurs agricoles (Cva) et le projet de Résilience des systèmes alimentaires aux Comores (Fsrp). Ces programmes ont fourni des équipements destinés à alléger les tâches des agriculteurs et à intensifier la production.Le centre a également mis en place un champ-école paysan (Cep), un dispositif de formation permettant aux membres de la coopérative de transmettre leurs connaissances à d’autres agriculteurs de la région.
«Les membres de la coopérative formés transmettent leurs connaissances aux autres paysans qui se trouvent dans d’autres localités de la région», a précisé le technicien. À quelques mètres de là, près de la localité de Ouallah Mirereni, un autre chantier agricole prend de l’ampleur. Le directeur du Crde de Fomboni, Fayçal Bianrifi, et son équipe y ont planté 31 641 pieds de taros rouges, dont la croissance est jugée encourageante. Faute de superficie suffisante au Crde de Fomboni pour mener une plantation à grande échelle, l’équipe a loué un terrain pour un montant annuel de 800 000 francs comoriens.
L’objectif est d’atteindre une récolte de 100 tonnes d’ici au prochain ramadan. «Notre vision est de contribuer à réduire l’importation des produits alimentaires dans le pays», a déclaré Fayçal Bianrifi. Il a également annoncé que 150 000 semences de taros devraient être disponibles pour la prochaine campagne agricole. Toutefois, leur mise en terre reste conditionnée à la disponibilité d’un terrain adapté. «Pour l’instant, on ne sait plus où on ira les cultiver. En tout cas, on fait des recherches pour trouver un terrain adapté», a-t-il indiqué.
Pour le secrétaire général du gouvernement, ces initiatives doivent contribuer à renforcer l’autonomie alimentaire du pays et à faire baisser les prix des produits vivriers. Nour-El Fath Azali a salué les progrès réalisés par les producteurs de Mledjele, rappelant que la coopérative n’avait récolté qu’une tonne de patates douces l’année précédente. «L’année dernière, la coopérative du Crde de Mledjele avait récolté une tonne de patates douces. Cette année, avec l’appui du gouvernement comorien, en particulier du ministère de l’Agriculture, nous attendons plus de 10 tonnes (sic). C’est à saluer», a-t-il affirme.



