Nommé récemment à la tête du Crde de Fomboni, Fayçal Bianrif dresse son bilan de six mois de gestion, entre relance agricole, emplois créés et défis énergétiques persistants.
Nommé au poste de directeur du Centre rural de développement économique (Crde) de Fomboni par le ministère de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Artisanat en août dernier, Fayçal Bianrif a tenu une conférence de presse le dimanche 25 janvier dernier pour dresser son bilan.
Selon le conférencier, le Crde de Fomboni est un centre agricole autonome, appelé à générer environ six millions de francs comoriens par an afin d’assurer son propre fonctionnement. Ces ressources proviennent essentiellement de la production et de la vente de matières végétales, notamment des semences destinées aux agriculteurs.
Dans le cadre de sa mission, le nouveau directeur se félicite des résultats déjà obtenus. En six mois, le centre a selon lui produit 10 000 pieds d’ignames, distribués ensuite aux agriculteurs. Par ailleurs, son équipe a intensifié la multiplication des rejets de bananiers, en mettant l’accent sur les variétés rares menacées de disparition.Elle s’est également lancée dans la culture du jasmin, un arbuste grimpant réputé pour ses fleurs blanches ou jaunes très odorantes. Ces fleurs sont particulièrement prisées par les femmes mohéliennes pour la fabrication de colliers traditionnels. «D’ici le mois de juillet, je pense que nous commencerons à récolter le jasmin et les femmes de l’île pourront venir passer leurs commandes en cas de besoin», a précisé Fayçal Bianrif.
Mobilisés pour accompagner
Sur le plan technique, le Crde a initié une politique d’identification des variétés de manioc à Mwali. «Nous avons constaté que beaucoup de paysans mélangent les variétés à cycle court avec celles à cycle long, ainsi que les variétés locales avec les cultures introduites. Cela crée des problèmes au niveau de la production», a-t-il expliqué. Cette démarche vise à recenser les différentes variétés, à mieux connaître leurs cycles et à informer les agriculteurs sur les périodes de plantation et les qualités de production de chaque type. En parallèle, le centre a assuré la formation de ses agents, mis en place des pépinières d’arbres fruitiers et forestiers, accessibles à tout citoyen intéressé par les activités agricoles pour l’achat de plants. Sur le plan financier et social, l’arrivée de Fayçal Bianrif a permis, toujours selon l’intéressé, la création de 18 emplois, «rémunérés mensuellement sur fonds propres du Crde».
À cela s’ajoutent six fonctionnaires de l’État, mobilisés pour accompagner leurs collègues sur le terrain. Le directeur a également souligné la remise en état d’un tracteur auparavant hors d’usage pour des raisons mécaniques. «Aujourd’hui, il fonctionne et nous avons pu aider plusieurs agriculteurs locaux à labourer leurs champs gratuitement», a-t-il indiqué. Il a enfin salué l’appui logistique du projet Pidc, qui a doté le centre d’une voiture et d’un camion, utilisés notamment pour la location afin de répondre à certaines urgences. Toutefois, malgré ces avancées, le centre fait face à des difficultés, notamment un problème d’énergie qui freine la chaîne de production avicole.




