Le Syndicat national des agriculteurs comoriens (Snac) entend retrouver un rôle moteur dans le développement agricole du pays. Un mois après son élection à la présidence de l’organisation, Mouzaoir Soilihi a présenté, lors d’un point de presse tenu au siège du syndicat à la Corniche, les grandes orientations de son mandat. Au cœur de ses priorités figurent la relance des filières agricoles porteuses, notamment l’ananas et la canne à sucre, afin de renforcer la production nationale et de réduire la dépendance aux importations.


Le nouveau président affirme vouloir s’appuyer sur les compétences humaines dont dispose encore le Snac pour restaurer la crédibilité de l’organisation et redynamiser ses activités. «Mes collaborateurs et moi allons relancer les filières porteuses, notamment l’ananas et la canne à sucre», a-t-il déclaré. Selon lui, l’ambition est de créer de véritables chaînes de valeur, de la production à la transformation puis à la commercialisation. «L’objectif est de créer de véritables chaînes de valeur autour de ces productions (...) afin de pouvoir atténuer un peu le taux d’importation dans le pays», a-t-il ajouté.


Mouzaoir Soilihi a également salué l’accompagnement des partenaires nationaux et internationaux, notamment celui du gouvernement et de l’Agence française de développement, qui soutiennent les initiatives destinées à améliorer la productivité agricole, l’approvisionnement en semences et la commercialisation des produits.Le président du Snac est revenu sur l’histoire de l’organisation. Il a rappelé que le syndicat est né au début des années 1990 dans un contexte de contestation sociale, afin de défendre les intérêts des agriculteurs engagés dans les cultures de rente, notamment la vanille, l’ylang-ylang et le girofle. Il a rappelé qu’avec l’avènement de la démocratie et les programmes d’ajustement structurel, le Snac a réorienté son action vers le développement des filières agricoles locales à travers des associations et des coopératives.


À son apogée, le syndicat regroupait neuf associations totalisant plus de 3 000 membres. «Nous avons doté nos agriculteurs de l’époque d’équipements, de matériels et de semences permettant aux paysans de poursuivre leurs activités sans contraintes», a rappelé Mouzaoir Soilihi. Parmi les réalisations citées figurent la mise à disposition de 150 citernes, dont 80 en béton et 70 en plastique, ainsi que l’aménagement de 15 périmètres irrigués à Ndzuani et à Mwali.Le responsable a également mis en avant les initiatives ayant permis l’introduction de nouvelles cultures et le développement de la commercialisation de certains produits. «Nous avons introduit la culture de l’oignon aux Comores, la sécurisation de l’ananas en contre-saison, ainsi que le développement durable des cultures maraîchères et vivrières», a-t-il indiqué.


Il a aussi évoqué la valorisation de la vanille sur les marchés de niche grâce aux filières certifiées biologiques et équitables, ainsi que les premières exportations de produits maraîchers vers Mayotte.Reconnaissant que le syndicat a connu un déclin après plusieurs années d’activité, en raison notamment de difficultés organisationnelles, de suivi et de sécurité, Mouzaoir Soilihi se veut néanmoins optimiste. «Malgré cette période de déclin, le Snac dispose toujours de ressources humaines compétentes sur les plans technique, organisationnel et stratégique», a-t-il assuré.