Une rencontre dédiée à l’intelligence artificielle invite la jeunesse à se former, innover et saisir les opportunités offertes par une technologie appelée à transformer profondément l’emploi.

 

La première journée d’«Al Forward Comores», consacrée à l’intelligence artificielle (IA) et aux opportunités qu’elle offre à la jeunesse, s’est tenue mardi 25 août au Palais du peuple. La cérémonie a réuni étudiants, jeunes entrepreneurs et acteurs du numérique, en présence du ministre des Postes, des Télécommunications et du Numérique, Oumouri Mmadi Hassani.
Organisée par Data Consulting KM et ZynBusiness, avec l’appui du ministère des Postes et du Numérique, ainsi que des sociétés Yas et Comores Telecom, l’initiative ambitionne de sensibiliser les jeunes aux mutations technologiques et de les encourager à se positionner sur les nouveaux métiers liés à l’IA.


Représentant le directeur général de l’Agence nationale du développement du numérique (Anaden), Nazeme Mohamed, directeur de l’innovation et de la communication, a réaffirmé le soutien de l’institution à cette démarche. Il a insisté sur la nécessité pour les Comores d’anticiper la transformation numérique. «La révolution de l’intelligence artificielle est déjà en marche. Nous devons faire en sorte que les Comores ne la regardent pas passer, mais qu’elles y prennent part pleinement», a-t-il déclaré. Architecte IA et cofondateur de Data Consulting KM et ZynBusiness, Naoufad Saandi a placé la formation au cœur de son intervention. S’appuyant sur son ouvrage «L’IA, ton premier associé», il a expliqué que l’intelligence artificielle peut contribuer à démocratiser l’accès à certaines compétences.

Se former pour ne pas subir

Selon lui, les difficultés rencontrées par de nombreux jeunes ne résident pas uniquement dans leurs capacités, mais également dans le manque d’accompagnement, de financement et de soutien. Il a également évoqué les profondes mutations attendues sur le marché du travail.
Citant les projections du Forum économique mondial, il a indiqué que 170 millions d’emplois pourraient être créés et 92 millions disparaître à l’horizon 2030. Dans ce contexte, il estime que les jeunes doivent réfléchir dès maintenant aux compétences à développer.Pour Naoufad Saandi, un ordinateur ou un smartphone connecté à internet permet déjà d’utiliser l’IA pour structurer une idée, réaliser une étude de marché, préparer un business plan ou élaborer un projet. 


Il a ainsi appelé les jeunes à consacrer davantage de temps à l’apprentissage et à considérer l’IA comme un moyen de réduire certaines inégalités d’accès aux opportunités.
Les échanges se sont poursuivis autour d’un panel consacré aux opportunités de l’IA pour l’emploi, l’éducation et l’entrepreneuriat. Animée par Naoufad Saandi, la discussion a réuni Karim Athoumane Mohamed, directeur général de Yas Fibre, Hamidou Mhoma, président de l’Association comorienne des technologies de l’information et de la communication (Actic), et Nadjati Mhoma, directrice générale de l’Agence nationale de promotion des investissements (Anpi). Les intervenants ont notamment souligné l’importance de la formation, des données structurées, des talents locaux et de l’accompagnement des porteurs de projets.


Le ministre Oumouri Mmadi Hassani a, lui aussi, insisté sur la nécessité de préparer les Comores aux transformations liées à l’intelligence artificielle. Il a estimé que le pays devait aller au-delà des discours et construire les bases nécessaires à l’émergence d’un véritable écosystème numérique. «Nous sommes venus aujourd’hui parler de la fondation qu’il faut, c’est-à-dire avoir des données structurées, avoir des talents et avoir du contenu comorien», a-t-il expliqué.Le ministre a encouragé les jeunes à exploiter les outils dont ils disposent déjà, notamment les smartphones, les ordinateurs et l’accès à internet. Il les a invités à consacrer davantage de temps à la formation et à l’innovation.Selon lui, l’évolution du marché du travail pourrait également modifier les critères de recrutement. «Demain, on ne vous demandera peut-être pas seulement quel diplôme vous avez, mais quel outil d’IA vous maîtrisez», a-t-il lancé.