La direction régionale de l’Agence nationale des affaires maritimes (Anam), à Ndzuani, a changé de main ce mercredi 8 avril. La cérémonie de passation de service, organisée à la salle d’embarquement du port de Mutsamudu, a réuni plusieurs autorités, dont le secrétaire général du ministère des Transports. Cet événement a  marqué l’entrée en fonction d’Ibrahim Ahamadi, qui remplace Ahamadi Abdullah. 


A l’occasion, le directeur sortant, Ahamadi Abdullah, est revenu sur un parcours de près de quarante ans dans le secteur maritime et portuaire, entamé en 1988. Il a mis en avant les réformes engagées depuis 2017 à la tête de la direction régionale, tout en saluant le travail collectif accompli. «J’ai consacré une grande partie de ma vie à ce secteur qui est devenu, au fil des années, une véritable famille pour moi. Chaque étape a été marquée par des défis, mais aussi par des avancées significatives que nous avons construites collectivement.

 Aujourd’hui, je quitte mes fonctions avec le sentiment du devoir accompli et une profonde gratitude envers toutes celles et tous ceux qui ont contribué à ce parcours», a-t-il déclaré. Ahamadi Abdullah a exprimé sa confiance dans la poursuite des réformes engagées. «Je reste convaincu que les bases que nous avons posées permettront de poursuivre les réformes engagées. L’institution dispose de la compétence et de l’énergie nécessaires pour relever les défis à venir.

Pour ma part, je demeure disponible pour accompagner, conseiller et soutenir cette dynamique, dans l’intérêt du secteur maritime et de notre pays», a-t-il poursuivi. A son tour, le nouveau directeur régional, Ibrahim Ahamadi, alias Dolpic, a affiché sa détermination à poursuivre le travail engagé. «En prenant aujourd’hui mes fonctions, je mesure la responsabilité qui m’incombe.

J’appelle mes collègues à la complémentarité et à l’amour du travail pour relever les défis à venir. Nous devons nous inscrire dans la continuité de ce qui a été fait. Ce poste est une responsabilité de l’État comorien avec ses partenaires internationaux. J’exprime ma reconnaissance pour cette confiance accordée », a-t-il mentionné. Le nouveau directeur regional a rendu un hommage à son prédécesseur qu’il a qualifié «d’homme d’expérience, qui a rendu service à son pays». Il lui a souhaité alors «bonne chance pour les autres sacrifices que le pays attend de lui». 

Réformes profondes 

Pour sa part, le directeur général de l’Anam, Mohamed Said Salim Dahalani, a mis l’accent sur les perspectives de développement du secteur. «Le nouveau directeur est arrivé à point nommé pour accompagner un programme validé au plus haut niveau. Nous devons renforcer les réformes engagées et créer des opportunités pour les jeunes, notamment en facilitant leur intégration à bord des navires battant pavillon comorien. L’objectif est d’avoir, à l’horizon 2030, au moins deux marins comoriens par bateau, ce qui constitue un levier économique important», a-t-il expliqué. 


Dans un ton plus critique, le secrétaire général du ministère des Transports, Djinti Ahamada a rappelé les attentes de l’État vis-à-vis du secteur maritime. « Le secteur maritime est stratégique pour un pays insulaire comme le nôtre, et il mérite une attention particulière. Nous remercions le directeur sortant pour le travail accompli. Le nouveau directeur doit comprendre également que les fonctions ne sont pas éternelles et que chacun doit s’inscrire dans une logique de résultats.

 Le nouveau responsable devra assumer pleinement ses responsabilités tout en restant conscient des exigences de performance», a-t-il déclaré.
Djinti Ahamada a insisté sur les insuffisances constatées dans les ports. «Nous ne sommes pas satisfaits de l’état actuel de nos ports, qui doivent répondre aux mêmes standards que l’aéroport.

 Le secteur fait face à des crises et des urgences qui nécessitent des réponses concrètes et rapides. Nous attendons un changement réel et mesurable. L’objectif est d’atteindre une conformité aux normes internationales afin que nos ports soient reconnus par les organismes compétents, notamment l’Organisation maritime internationale. Cela passe par des réformes profondes et un engagement sans faille de tous les acteurs », a-t-il conclu.