Les archivistes comoriens passent à l’action. Réunis en assemblée générale le 18 avril 2026 à la Maison d’écotourisme, ils ont posé les bases d’une structuration attendue d’un secteur encore fragile, mais stratégique pour le pays.

 

C’est une étape fondatrice pour la profession. Samedi dernier, les archivistes des Comores ont tenu la première assemblée générale de leur association. L’événement a rassemblé plusieurs acteurs clés, notamment des représentants des ministères de l’Éducation et de l’Intérieur, du Centre national de documentation et de recherche scientifique (Cndrs), du secrétariat général du gouvernorat de Ngazidja, ainsi que le recteur de l’Université des Comores et des chercheurs.

La mémoire nationale

Cette rencontre s’inscrit dans la continuité des travaux engagés le 21 février 2026, lors d’une première concertation consacrée à la structuration du secteur. À cette occasion, les membres fondateurs avaient déjà affiché leur ambition :valoriser les archives et faire reconnaître le rôle des archivistes dans la société comorienne.
Pour le président de l’association, Bahassani Mohamed, l’urgence est réelle. «Les archives ne sont pas toujours protégées ni conservées dans de bonnes conditions. Il est impératif de structurer ce secteur», a-t-il insisté. 


Un constat partagé par le recteur de l’Université des Comores, Dr Ibouroi Ali Tabibou, qui a rappelé la portée stratégique de ces ressources. «Un pays sans archives organisées est un pays sans mémoire», a-t-il déclaré.Au-delà du diagnostic, l’Association des archivistes des Comores (Aac) entend fédérer les professionnels, promouvoir les normes de conservation et renforcer les compétences, notamment dans le domaine de l’archivistique numérique. 


Elle ambitionne également d’accompagner la modernisation des administrations publiques et de sensibiliser davantage les institutions ainsi que le grand public à l’importance des archives, perçues comme un levier de transparence et de développement.L’Aac aspire désormais à s’imposer comme un acteur incontournable, capable de structurer durablement le secteur et de redonner aux archives la place centrale qu’elles méritent dans la mémoire nationale et le fonctionnement de l’État.