Inaugurée à Dindrihari, à Mutsamudu, la route d’accès au site de décharge mesure 900 mètres et a coûté près de 198 millions de francs. cette route s’inscrit dans le cadre du projet Islands, financé par le Fonds pour l’environnement mondial (Fem)
La route d’accès au site de décharge de Dindrihari, à Mutsamudu, a été inaugurée le samedi 24 octobre, soit onze mois après la pose de la première pierre. Réalisée par l’entreprise Nk-Ousseini Construction Sarl, cette route s’inscrit dans le cadre du projet Islands, financé par le Fonds pour l’environnement mondial (Fem) et mis en œuvre par l’Agence nationale de gestion des déchets (Angd), avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). Le chantier était prévu pour une durée de six mois. Longue de 900 mètres et large de six mètres, cette infrastructure a coûté 197 645 000 francs. Mais, à plusieurs endroits, des fissures sont déjà visibles sur le revêtement, certaines ayant été colmatées avec du ciment frais.
La cérémonie d’inauguration, organisée sur le tronçon lui-même, a réuni les autorités insulaires, des membres du gouvernement et le représentant résident du Pnud aux Comores, Luca Monge Roffarello. Plusieurs associations engagées dans la propreté et l’assainissement étaient également présentes.
Prenant la parole, le gouverneur de Ndzuani, Dr Zaidou Youssouf, a déclaré : «Notre île fait face à un défi civilisationnel, celui de la gestion de ses déchets et plus particulièrement le fléau destructeur des déchets plastiques. J’exhorte la mairie et l’association Afam à collaborer ensemble dans cette perspective.»Le gouverneur a également évoqué les perspectives économiques liées à la valorisation des déchets plastiques qui devraient être traités sur le site. «Le plastique qui jonche nos rues est de l’or qui dort. Par le recyclage et l’économie circulaire, nous pouvons créer des pavés pour nos routes, des matériaux de construction et des objets du quotidien », a-t-il affirmé.
De son côté, le ministre de l’Environnement, Abubakar Ben Mahmoud, a insisté sur le rôle de cette nouvelle voie dans l’amélioration de l’accès au site de valorisation des déchets. «Le pays fait face à une augmentation constante des déchets ménagers et assimilés, liée notamment à la croissance démographique et au développement des activités économiques. La gestion des déchets constitue désormais un défi majeur pour notre pays. L’augmentation des besoins de collecte, l’insuffisance de certaines infrastructures et les difficultés d’accès au site de valorisation exigent des réponses concrètes, organisées et durables. Les difficultés d’accès au site de décharge ont accentué cette problématique et ainsi limité l’efficacité des opérations de collecte et de transport. La route est destinée à faciliter l’accès au site et à améliorer durablement l’organisation du transport de déchets», a-t-il expliqué.
Eclairage public
Le ministre a inscrit cette réalisation dans «la vision portée par la stratégie nationale de gestion des déchets 2025-2030». Elle traduit, selon lui toujours, «la volonté du gouvernement de passer des engagements aux réalisations concrètes en développant des infrastructures adaptées aux besoins de nos territoires». Pour sa part, Luca Monge Roffarello a mis en avant les effets attendus de cette infrastructure sur la collecte et le transport des déchets, mais aussi sur les déplacements des riverains. «Avec cette nouvelle infrastructure, nous franchissons une étape importante vers l’amélioration de la salubrité publique et la protection de l’environnement. Cette route améliore l’accès au site et rend plus efficace la gestion des déchets», a-t-il indiqué.
Première bénéficiaire de cette infrastructure, la communauté de Dindrihari a noté les changements apportés par la route aux déplacements quotidiens. Sa représentante, Fatoumia Mhadji, a toutefois attiré l’attention sur les problèmes de sécurité dans la zone, notamment la nuit. «Pendant plusieurs années, nous avons vu les difficultés pour se rendre tous les jours dans nos foyers. Cette route est une ouverture.
Aujourd’hui, elle sert également aux agriculteurs, aux taxis qui roulent facilement, aux élèves qui se rendent à l’école. Mais avec cette route, le taux de vol dans la zone a augmenté. Nous sollicitons l’éclairage public solaire pour faciliter également les déplacements nocturnes », a-t-elle déclaré. Lors de son intervention en shikomori, le gouverneur de Ndzuani a promis la mise en place prochaine d’un éclairage public et la distribution de réchauds économes en énergie, sans apporter davantage de précisions.



