Après la découverte du corps, autorités, notables, avocats et jeunes ont condamné cet acte criminel et appellent à prononcer le châtiment suprême contre les auteurs de ce crime comme le dit la religion et le code pénal comorien. Pour eux, seule son application peut aider à réduire les actes criminels qui gangrènent le pays depuis quelques temps.
La découverte du corps de Naicha Mmadi Abdou dans un champ à Dzahadju-la-Mbadjini, et dans des circonstances floues a suscité une vive émotion dans le pays. Entre les différentes autorités et notabilités qui condamnent l’acte «barbare» qui vient de se produire, et les jeunesses qui montent au créneau, le message est clair. Ces différentes couches sociales, composées d’hommes, de femmes et de jeunes appellent à «la plus grande fermeté de la justice, en appliquant la peine capitale». Le secrétaire général du gouvernement, Nour El-Fath Azali, a exprimé sa peine face à ce «drame insoutenable».
«Appliquer la peine de mort»
Il appelle à la «plus grande fermeté de la justice», puisque «de tels crimes ne doivent ni rester impunis ni être minimisés. Les actes d’une telle barbarie méritent des sanctions exemplaires, y compris l’application de la peine de mort, afin que justice soit rendue et que de tels drames ne se reproduisent plus».Quelques heures après les obsèques de la jeune femme, Me Fahmi Saïd Ibrahim a, sur son mur Facebook, posté une vidéo dans laquelle, il a tout d’abord adressé ses condoléances les plus attristées à la famille de la défunte.
Et de poursuivre : «C’est d’une grande tragédie ce qui se passe dans le pays. En mai 2021, l’enfant Faina, 4 ans, a été assassinée. S’en est suivi celui de Echat Binti Youssouf en février 2024, puis celui de Hikima en février 2025 et aujourd’hui, celui de Naicha. Demain, à qui le tour ? », s’interroge l’avocat, se demandant jusqu’où le pays veut aller. «Aujourd’hui, je viens lancer mon cri de détresse par rapport à ce qui se passe. Et d’appeler à l’application de la peine capitale qui figure toujours dans notre code pénal. Comme le dit le code pénal comorien, la sanction d’une personne qui a ôté la vie à une autre, n’est autre que de lui ôter la sienne. Bien que j’aie toujours été contre cette sanction-là, la recrudescence des actes criminels m’ont conduit aujourd’hui à appeler à son application. Ce n’est pas parce que la France l’a abrogée que l’on doit faire pareil alors que tout pays a son histoire, sa religion et sa république».
Me Idrisse Mzé Mogne a posté sur son mur Facebook, interpellant le chef de l’Etat pour agir face à ces crimes à repetition, «soit appeler à l’abolition de la peine de mort ou à l’appliquer ».
Des maisons saccagées à Dzahadjou la Mbadjini
La notabilité de Fumbuni a expliqué que bien que depuis quelques temps, les actes criminels sont devenus récurrents, ils impressionnent tous à la manière dont ils sont commis. «Aujourd’hui, ce qui nous choque le plus, c’est de faire usage au feu. Aller jusqu’à brûler un cadavre, c’est très inhumain. Et je suis convaincu que seul le gouvernement peut mettre fin à ces actes. J’appelle donc à faire un plaidoyer auprès du chef de l’Etat afin qu’une décision radicale soit prise» a-t-il déclaré. S’en sont suivies, des différentes réactions de jeunesses de différents villes et villages, qui ont à leur tour condamné ce qui s’est passé, appelant la justice à faire son travail de manière bien plus ferme, «sinon, on se devra de nous en charger nous-mêmes afin d’y mettre fin».
Tôt dans la matinée de ce samedi, les femmes de Fumbuni ont, les larmes aux yeux. Mains sur la poitrine, elles ont exprimé la tristesse qui les envahit depuis la disparition de leur enfant, Naicha Mmadi Abdou. Selon elles, «ce n’est pas la première fois qu’elles perdent un enfant dans pareilles circonstances». «D’abord, notre fils Anlym a été tué, brûlé à Male. Puis Faiza a été brûlée à Moroni, on s’est tu. A Bambao, notre frère papa Abdou y a été assassiné, on a supporté et on s’est remis à Dieu. Aujourd’hui, on vient de perdre Naicha, brûlée. Nous sommes venues lancer notre cri de détresse et exprimer notre tristesse par rapport à ces actes criminels qui, pourtant, gagnent du terrain dans notre région, notamment chez nous. Au président de l’Union des Comores, au président de l’Assemblée nationale, aux oulémas et au muftorat, venez-nous à l’aide, on veut que la sharia soit appliquée », pleurent ces mères de familles endeuillées.
Ce samedi matin, les jeunes de Dzahadju ont saccagé les maisons et un atelier de menuiserie appartenant aux jeunes suspectés d’avoir commis cet acte criminel, signe de mécontentement. Pour sa part, la notabilité de la localité a adressé ses condoléances à la ville de Fumbuni, avant de crier leur ras-le-bol face à cette situation. «Nous, habitants de Dzahadju, voulons que justice soit faite. Que celui ou ceux qui ont commis ce crime, soit jugé pareillement. Qu’une solution radicale soit trouvée une bonne fois pour toute. Dans nos villages, les enfants sont violés chaque jour. Nous condamnons l’acte barbare commis et entache tout le village. D’ailleurs, aujourd’hui même, la jeunesse a saccagé les maisons appartenant aux suspects », déclare la notabilité de Dzahadju avant que les femmes ne fassent appel à l’application de la peine capitale car «ce crime ne peut être impuni».



