L’évènement, piloté par le ministère en charge du Genre, a réuni divers acteurs de l’île au Palais de Bonovo. Des recommandations ont été émises pour étoffer une réflexion nationale en cours sur les réponses à apporter en matière de lutte contre les violences basées sur le genre (Vbg) dans le pays.
Les assises nationales décentralisées contre les violences basées sur le genre (Vbg) ont été lancées à Mwali. Cet événement, ouvert du 10 au 11 mars au gouvernorat de l’île, est initié par le ministère en charge de la Promotion du Genre, représenté par son secrétaire général, Dini Ibrahim, avec l’appui technique et financier de l’Unfpa aux Comores.
La rencontre a réuni des représentants des institutions publiques nationales et insulaires, des organisations de la société civile, des partenaires au développement ainsi que des responsables communautaires. L’objectif était de dresser un état des lieux de la situation et d’identifier des pistes d’action pour mieux prévenir les violences et soutenir les victimes.
Dans son discours d’ouverture, le secrétaire général du ministère du Genre, Dini Ibrahim, a réaffirmé « l’engagement » des autorités à protéger les femmes, les filles et les groupes des personnes vulnérables. Avec un ton ferme, ce responsable a également déclaré que ces assises insulaires qui se sont déroulées en premier lieu à Ndzuani, avant Mwali et qui seront bientôt organisées à Ngazidja, visent à « écouter les communautés locaux, à bâtir des réponses adaptées au contexte comorien afin de mettre fin à ce fléau social qui menace gravement les droits fondamentaux » des femmes et des mineurs en général. «Chaque femme doit pouvoir vivre en paix et en sécurité dans notre pays», a-t-il déclaré. Le secrétaire général salue « les efforts déployés » par les services d’écoute de chaque île afin de sensibiliser les couches sociales sur le danger de ce phénomène «si aujourd’hui on parle de plusieurs cas c’est parce que beaucoup de personnes osent dénoncer. Malheureusement, d’autres refusent de signaler par peur de représailles », a fait savoir Dini Ibrahim.
«243 cas de Vbg en 2025»
De son côté, la gouverneure de Mwali, Chamina Ben Mohamed, a adressé ses remerciements au président Azali Assoumani ainsi qu’à la ministre Fatima Ahamada pour leurs implications active dans cette lutte essentielle. Avec 243 cas de violences sexuelles enregistrés en 2025 et 241 cas en 2024, soit le 1/3 des cas signalés, selon les chiffres communiqués par la direction régionale du genre, ce problème touche davantage les enfants de 10 à 15 ans. « Malgré notre faible taux démographique, Mwali occupe le premier rang aux Comores et reste l’île qui enregistre les cas les plus élevés des Vbg. C’est très alarmant pour une île comme la nôtre », hausse le ton la gouverneure. Chamina Ben Mohamed appelle les forces de l’ordre, les juges ainsi que les cadis à prendre leurs responsabilités pour changer cette situation.
« On a souvent tendance à pointer du doigt les responsables de la justice ou les agents pénitentiaires, on dit souvent qu’ils ont manqué à leur devoir alors qu’à ce stade, l’infraction est déjà faite. Il est impératif de renforcer le système éducatif des enfants et encourager les comités villageois dans cette lutte qui est la nôtre », a proposé le commandant du groupement de la gendarmerie nationale à Mwali le capitaine Abdallah Ibrahim.
Pour sa part, la directrice du genre au niveau de Mwali, Nasra Boinariziki, a encouragé les communautés « à briser le silence, à dénoncer, et à instaurer une culture de vigilance collective dans les communautés locales ». Ces assises se poursuivront à Ngazidja pour recueillir les avis des leaders communautaires, Ong et partenaires. Il s’agit, au final, d’établir, selon les organisateurs, « un rapport national complet, qui servira de guide pour prévenir les Vbg, mieux soutenir les victimes et coordonner les actions à travers l’Union des Comores».



