Des responsables d’institutions étatiques, d’organisations de la société et des experts évaluent le niveau et la nature des violences basées sur le genre dans le pays pour pouvoir établir un plan national de riposte.

 

Les assises insulaires sur les violences basées sur le genre (Vbg) se sont ouvertes ce lundi 1er juin, à l’hôtel Retaj. Organisées dans le cadre du projet « Shawiri », ces concertations réunissent plusieurs autorités, partenaires techniques et financiers, acteurs judiciaires et organisations de la société civile (Osc) pour deux journées de travail. 


La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du gouverneur de Ngazidja, Ibrahim Mze, la ministre de la Promotion du genre, Fatima Ahamada, du ministre de la Santé, Ahmad Sidi, ainsi que de plusieurs responsables institutionnels. Dès l’entame des travaux, les intervenants ont souligné l’urgence d’un renforcement de la lutte contre les Vbg, considérées comme «un obstacle au développement et à la cohésion sociale». 


Prenant la parole au nom du projet Shawiri, le coordonnateur du programme, Hamza Fasi-fihri, a rappelé que «les Vbg sont un fléau de nos sociétés et détruisent beaucoup trop de vies». Il a insisté notamment sur «l’importance d’écouter les réalités du terrain afin d’identifier des réponses adaptées aux besoins des populations». Il a également réaffirmé l’engagement du consortium Shawiri, notamment Maeecha via Eces ainsi que la Croix-Rouge française (Crf), dans l’accompagnement technique et financier de ce processus.

Le plan de travail annuel (Pta) 2026

Pour sa part, la ministre de la promotion du Genre, Fatima Ahamada, a indiqué que ces assises s’inscrivent dans le plan de travail annuel (Pta) 2026 de son département et traduisent «la volonté du gouvernement de renforcer durablement la réponse nationale face aux violences basées sur le genre».

 Elle a rappelé que ces violences constituent «une violation grave des droits humains», et a mis en avant «les dispositifs déjà opérationnels», notamment les services d’écoute et les comités de veille communautaires. Pour elle, l’ambition du gouvernement est d’étendre ces mécanismes à l’ensemble du territoire et de poursuivre les réformes en cours, notamment l’élaboration d’une politique nationale de lutte contre les Vbg ainsi qu’une «stratégie nationale Genre».


De son côté, le gouverneur de Ngazidja, Ibrahim Mze, a salué une initiative considérée comme «un moment fondateur » dans la lutte contre les violences. «Les Vbg ne sont ni une fatalité ni une affaire privée car elles constituent une violation des droits humains et une atteinte à la dignité de la personne», a-t-il déclaré, avant d’appeler les autorités, les leaders religieux, les médias, les Osc et les familles à renforcer leur engagement.


Intervenant sur les objectifs des travaux, l’avocate au barreau de Moroni, Samina Shakira, a expliqué que ces concertations visent à établir un diagnostic précis de la situation et à évaluer les dispositifs existants dans les secteurs de la santé, de la justice, de la sécurité, de la protection sociale et du numérique. Elle a notamment souligné l’émergence des violences numériques, désormais considérées comme un nouveau défi à prendre en compte.

 «Aujourd’hui il sera également question de formuler des recommandations pour une prise en charge holistique conformément au protocole national», a-t-elle précisé.Ainsi, les recommandations issues des concertations de Ngazidja alimenteront les futures assises nationales et serviront de base à l’élaboration d’une feuille de route nationale de lutte contre les Vbg pour la période 2026-2030.