Réunis vendredi dernier au Retaj à Moroni, des journalistes comoriens ont participé à un atelier consacré à l’Assurance maladie généralisée (Amg). Organisée par le ministère de la Santé, la rencontre visait à renforcer le rôle des médias dans la sensibilisation de la population.

 

Le ministère de la Santé, à travers le Projet d’appui à l’Assurance maladie généralisée (Paamg) et l’Union technique de gestion de l’assurance maladie (Utgam), a organisé vendredi dernier à l’hôtel le Retaj un atelier dédié aux professionnels des médias. La rencontre a réuni des journalistes, issus aussi bien de de la presse écrite et de l’audiovisuel. Objectif : «renforcer une communication fiable, accessible et responsable autour de l’Assurance maladie généralisée» (Amg), à un moment où le projet entre dans une phase décisive de son déploiement.


La coordinatrice du Paamg, Fouraya Said Abdou, a salué la présence des journalistes, qu’elle considère comme des partenaires incontournables dans la réussite de cette réforme. «Nous avons démarré hier avec un dialogue social et nous poursuivons aujourd’hui la même dynamique avec les journalistes. Ce sont eux qui diffusent l’information et ce projet nécessite beaucoup de pédagogie afin d’expliquer à la population ce qu’est l’assurance maladie généralisée, pourquoi elle a été mise en place et quels en sont les avantages», a-t-elle déclaré. 

L’adhésion de la population

Cet atelier a également permis de dresser le bilan de la phase pilote de l’Amg, lancée en décembre 2025 à Mwali par le président de la République, Azali Assoumani. Selon la coordinatrice, près de «7 000 personnes» sont aujourd’hui couvertes par l’assurance maladie sur l’ensemble du territoire. «Une avancée encourageante, même si plusieurs défis demeurent». Parmi les principales difficultés figurent l’adhésion de la population et surtout la recotisation des assurés. «Beaucoup de personnes adhèrent mais oublient ensuite de renouveler leur cotisation. Pour le premier semestre, nous n’avons réussi à mobiliser que 50 % des cotisations attendues», a-t-elle regretté, soulignant que la pérennité du système dépend directement de la participation régulière des bénéficiaires. Fouraya  Said Abdou a rappelé que le dispositif repose sur une solidarité adaptée aux réalités sociales du pays. 


Trois catégories de population ont ainsi été identifiées, notamment les personnes démunies, dont la cotisation est prise en charge ainsi que les personnes vulnérables, qui contribuent partiellement et celles disposant des ressources suffisantes, appelées à financer intégralement leur adhésion. «Il est essentiel que chacun comprenne que l’assurance maladie est un mécanisme de financement de la santé fondé sur la solidarité», a-t-elle insisté. Pour l’année 2026, le Paamg ambitionne d’affilier 5 000 ménages, soit environ 25 000 à 30 000 personnes. À ce stade, seulement «30% de cet objectif» ont été atteints. 


Les responsables du projet comptent donc sur l’implication des médias pour intensifier les campagnes de sensibilisation et favoriser l’adhésion des populations. Au-delà des chiffres, les échanges ont porté sur le rôle des journalistes dans la lutte contre la désinformation et la diffusion d’informations fiables. Les organisateurs ont animé plusieurs sessions consacrées à la communication responsable, au changement de paradigme social et aux bonnes pratiques en matière de traitement de l’information relative à cette réforme. Les journalistes ont, pour leur part, pris une part active aux discussions, formulant des propositions visant à «améliorer la stratégie de communication et la compréhension du dispositif par les citoyens».