Réunis mercredi 28 octobre à Moroni, les membres du comité de pilotage de l’Assurance maladie généralisée ont dressé un premier bilan du dispositif.

 

La secrétaire générale du ministère de la Santé, Ania Mohamed Issa, a présidé, hier mercredi 28 octobre, à l’hôtel Itsandra, la deuxième réunion du comité de pilotage de l’Assurance maladie généralisée (Amg). Cette rencontre a permis de faire le point sur l’avancement de la phase pilote et d’examiner les mesures nécessaires à l’extension et à la pérennisation du dispositif.
Selon Ania Mohamed Issa, ces réunions régulières visent à évaluer les progrès réalisés, à définir les orientations techniques et stratégiques et à accompagner la mise en œuvre du projet. «Le projet en soi n’a pas rencontré de problèmes. C’est juste un léger souci d’adaptation puisqu’il s’agit d’une nouvelle politique», a-t-elle expliqué. 

Élargir le dispositif 

D’après les données présentées par la chargée de la logistique au sein de l’Unité de gestion technique de l’Assurance maladie généralisée (Utgam), la phase pilote cible 324 085 personnes réparties dans sept districts. À ce stade, 174 403 personnes sont affiliées, soit 54 % de la population ciblée. Parmi elles, 17 065 ont versé au moins une cotisation et 13 380 sont à jour de leurs paiements.


Les participants à cette réunion technique, parmi lesquels figuraient des directeurs d’hôpitaux, des experts en santé publique et des représentants d’organisations de la société civile, ont salué une initiative dont «les premiers résultats commencent à se concrétiser». Le directeur du Centre hospitalier régional insulaire (Chri) de Hombo, Ibrahim Salim Mari, a toutefois plaidé pour une extension rapide de l’Amg afin d’en faire bénéficier davantage de personnes vulnérables, actuellement exclues du dispositif en raison de son périmètre géographique. «Actuellement, on a des phases pilotes, des zones et des hôpitaux. Cette phase d’essai, qui n’est pas ouverte à tous les citoyens, fait que bon nombre de personnes vulnérables n’en bénéficient pas», a-t-il noté.


Le directeur a indiqué que son établissement n’avait enregistré que 15 patients depuis le lancement de la phase pilote. Il a notamment relevé une difficulté liée au périmètre géographique du projet : l’hôpital de Hombo est présenté comme un établissement pilote, mais il ne se trouve pas dans une zone couverte par le dispositif. Ibrahim Salim Mari estime que cette situation limite l’accès aux soins pour des patients qui souhaiteraient s’affilier, mais ne résident pas dans les zones retenues.

 Il appelle ainsi à réfléchir aux moyens de faire de l’Amg le prolongement du financement basé sur la performance, un mécanisme qui avait permis aux populations de réduire leurs dépenses de santé, l’État prenant en charge une partie des frais médicaux. «Plusieurs personnes voudraient bien s’affilier, mais ne résident pas dans les zones pilotes. Donc, il faut réfléchir à la manière dont l’Assurance maladie généralisée pourrait constituer la suite logique du financement basé sur la performance», a-t-il avancé.
Le responsable du Chri de Hombo a également souligné l’importance des échanges menés dans le cadre de ces travaux, qu’il a jugé «particulièrement riches au regard des enjeux de ce projet pour l’avenir du pays».

 A l’horizon 2030

Officiellement lancée en décembre 2025 par le chef de l’État, la phase pilote de l’Assurance maladie généralisée s’inscrit dans l’objectif d’instaurer une couverture santé universelle d’ici à 2030. Le dispositif couvre l’ensemble de l’île de Mwali, ainsi que les districts de Mitsamihuli-Mbude et de Hamahamet-Mboinku, à Ngazidja, et ceux de Domoni et de Mremani, à Ndzuani. Porté par le gouvernement comorien, le projet bénéficie d’un financement de la France à hauteur de 16 millions d’euros, mobilisés à travers l’Agence française de développement. 
Une ligne budgétaire a également été instaurée pour favoriser la pérennisation du dispositif.