«Éducation financière et résilience climatique : quel impact pour les femmes ?» Tel est le thème de la formation organisée par le chapitre Awln-Comores en partenariat avec la Banque centrale des Comores (BCC).

 

L’association Awln-Comores, en partenariat avec la Banque centrale des Comores (Bcc), a organisé samedi dernier un atelier sur l’éducation financière sous le thème « Éducation financière et résilience climatique : quel impact pour les femmes ? » Plusieurs femmes leaders et influentes comoriennes ont participé à cet atelier. Lors de l’ouverture de la cérémonie, plusieurs discours ont été prononcés.

 La directrice de l’Anpi, Nadjati Soidiki, la directrice de la promotion du genre, Mouzna Djoumoi, la vice-gouverneur de la Banque centrale des Comores (Bcc), Faouzia Radjabou, ainsi que la présidente du chapitre Awln-Comores, Fatoumia Ali Bazi, ont, tour à tour, évoqué «l’implication des femmes dans les affaires et la lutte contre les violences faites aux femmes et aux fillettes». Dans son discours, la présidente d’Awln-Comores, Fatoumia Ali Bazi, a mis l’accent sur le thème principal, «l’inclusion financière et le développement économique».

 Elle a remercié les partenaires de son association pour leur soutien et leur accompagnement des Comores dans la contribution à un projet continental : celui «d’une Afrique pacifique, inclusive et prospère où les femmes et les jeunes occupent pleinement leur place dans toutes les sphères de la société».

 Fatoumia Ali Bazi indiquera que cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’action du chapitre Awln-Comores, structuré autour de six piliers : «la paix et la sécurité ; la mobilisation sociale ; la gouvernance et la participation politique ; l’inclusion financière et le développement économique ; l’agriculture et les terres ; ainsi que les ressources naturelles et l’économie bleue».

Des programmes d’inclusion financière

De son côté, la vice-gouverneur de la Banque centrale des Comores, Faouzia Radjabou, a tenu à expliquer que « l’inclusion financière constitue aujourd’hui un levier essentiel de développement économique et social. Elle permet non seulement de sécuriser les revenus, mais également de renforcer la capacité des populations à faire face aux chocs, qu’ils soient économiques, sociaux ou climatiques». Elle a indiqué qu’aux Comores, malgré les progrès réalisés, des défis importants subsistent, notamment en ce qui concerne l’accès et l’utilisation des services financiers par les femmes.

 Les études révèlent qu’en 2025, 67 % des détenteurs de comptes bancaires sont des hommes contre 42 % pour les femmes (données à vérifier dans le rapport annuel 2025). Selon elle, ces dernières restent encore insuffisamment intégrées dans le système financier formel en raison de plusieurs facteurs, parmi lesquels «le manque de connaissance des services financiers, les barrières culturelles ou encore l’éloignement des services», entre autres.

 Elle a affirmé que la Banque centrale des Comores a placé l’inclusion financière, et en particulier celle des femmes, au cœur de ses priorités stratégiques à travers la Stratégie nationale d’inclusion financière (Snif). Elle a cité plusieurs initiatives, notamment « Mali ya Wakazi», qui vise à rapprocher les services financiers grâce à un réseau d’agents bancaires de proximité disséminés sur l’ensemble du territoire.

Elle citera «Compte Mwanantsi», destiné aux populations exclues du système bancaire, en particulier les femmes, visant à promouvoir l’inclusion financière en facilitant l’accès aux services bancaires à travers un compte de base accessible sans frais et soumis à un plafond de dépôt. 


Elle parlera enfin de «Msomo wa Mali», un programme de la Bcc visant à «renforcer l’éducation financière à travers des outils innovants et accessibles». La vice-gouverneure de la BCC a également expliqué que la thématique de la résilience climatique, associée à l’éducation financière, est particulièrement pertinente. «Nous avons pu constater ces dernières années à quel point notre pays est vulnérable face aux aléas climatiques, et les femmes sont souvent en première ligne face aux effets du changement climatique, notamment dans les activités génératrices de revenus.

 Renforcer leurs capacités financières, c’est aussi leur permettre de mieux anticiper, s’adapter et faire face à ces chocs. Autrement dit, une femme victime d’une catastrophe naturelle sera mieux protégée si elle est bancarisée et a accès à des crédits garantis», a-t-elle expliqué.