Honneur, dignité, fierté et persévérance, Azali Assoumani, a brossé le parcours d’un pays en transformation en dépit des vicissitudes de l’histoire, appelant les Comoriens à l’unité et à la cohésion, renouvelant, dans la foulée, sa détermination à poursuivre l’élan engagé pour intégrer les Comores dans le club des pays émergents. Si le président de la République reconnait le 6 juillet comme «l’aboutissement de décennies de luttes pour notre émancipation», il soulignera que cette date avait marqué «également le point de départ pour un développement économique de notre jeune Nation et le lancement du processus de développement inclusif par l’accès de tous à l’éducation, à la santé et à une vie meilleure».

 

Le chef de l’Etat a fait part, lundi 6 juillet, de la capacité du pays à relever ses défis en matière de développement socio-économique lors de son adresse à la Nation, prononcée à la Place de l’indépendance à Moroni, à l’occasion de la célébration de la fête nationale. L’évènement a mobilisé les autorités civiles et militaires, de nombreuses délégations des pays frères et amis dont celles de Madagascar et de la République Unie de Tanzanie, d’ambassadeurs, de tous les autres corps constitués, de représentants d’organisations internationales, d’élus, de cadres de l’administration de notables, de femmes, de jeunes et d’enfants. 
Le chef de l’Etat qui en a ainsi présidé la cérémonie officielle a appelé les Comoriens à persévérer et à soutenir le Plan Comores Emergent (Pce), se félicitant des actions engagées pour le développement du pays, des réformes entreprises et des chantiers en cours tout en reconnaissant le long chemin à parcourir pour répondre durablement aux aspirations du peuple. «Allons de l’avant, ensemble». a-t-il souligné.

L’unité et à la cohésion 

Honneur, dignité, fierté et persévérance, Azali Assoumani, a brossé le parcours d’un pays en transformation en dépit des vicissitudes de l’histoire, appelant les Comoriens à l’unité et à la cohésion, renouvelant, dans la foulée, sa détermination à poursuivre l’élan engagé pour intégrer les Comores dans le club des pays émergents. «Nous sommes capables de faire de l’Union des Comores un pays émergent », a-t-il indiqué. «Il ne s’agit pas d’un slogan mais d’une intime conviction et d’un engagement», a-t-il ajouté, appelant à lever les goulots d’étranglement à tous les niveaux pour accélérer l’exécution des programmes de développement du pays. «Plus que jamais, le temps est à l’action, à tous les niveaux de notre Etat, car nous sommes à 4 ans de l’horizon 2030 que nous nous sommes fixés pour faire émerger notre pays», a-t-il souligné.
Le président de la République précisera que la construction du pays ne devrait pas être sous le monopole d’un clan ou d’un groupement quelconque, appelant toutes les couches sociopolitiques à se joindre à la dynamique engagée. «Je réitère donc mon appel aux acteurs de la classe politique, du pouvoir et de l’opposition, à la société civile et aux acteurs du milieu associatif et syndical, dans leurs diversités, à joindre leurs efforts, pour préserver avec détermination et fierté notre souveraineté nationale et bâtir un pays stable et prospère, pour transmettre le meilleur héritage aux générations futures», a-t-il lancé.


Revenant sur l’acte héroïque posé le 6 juillet 1975, le chef de l’Etat saluera, dans un premier temps, les pères fondateurs du jeune Etat comorien, renouvelant la gratitude de la Nation pour les combats menés et les sacrifices consentis. «Je tiens ensuite à saluer avec respect, la mémoire de nos pères fondateurs, qui ont proclamé l’indépendance le 6 juillet 1975. Qu’Allah leur accorde Sa grande miséricorde, ainsi qu’à nos ancêtres, à leurs descendants, à nos parents et à toutes celles et tous ceux que la colonisation a exploités, opprimés et réprimés mais dont le patriotisme et l’héroïsme, ont permis de mettre fin au joug colonial», a-t-il mentionné. 

La réouverture des liaisons aériennes entre les Comores et Madagascar

Si le président de la République reconnait le 6 juillet comme « l’aboutissement de décennies de luttes pour notre émancipation », il soulignera que cette date avait marqué « également le point de départ pour un développement économique de notre jeune Nation et le lancement du processus de développement inclusif par l’accès de tous à l’éducation, à la santé et à une vie meilleure ». Et lui d’appeler tout le monde à prendre conscience de ce combat sacré porté et mené par ces pères fondateurs et à s’inscrire à jamais dans cette quête permanente de liberté  et d’émancipation. «Il nous appartient aujourd’hui, de continuer cette œuvre historique et héroïque, en faisant de notre pays, un havre de paix, de progrès et de stabilité», a déclaré Azali Assoumani.


Pour le président de la République, le combat d’affirmation des Comores en tant qu’Etat souverain se matérialise grâce à des faits et à des actes forts qui font la fierté de la Nation. Il fera ainsi allusion à l’accession des Comores à la présidence de l’Union africaine 2023-2024, permettant ainsi à l’Union des Comores d’être sous les feux de projecteurs lors des grands forums internationaux. «Notre pays qui a eu l’honneur d’assurer la présidence en exercice de l’Union Africaine, en 2023, a contribué à la recherche de solutions, aux guerres et aux conflits interétatiques, en prônant le règlement des différends dans le cadre de négociations, qui respectent les intérêts et la souveraineté des Etats», a-t-il souligné. «Et j’ai eu le privilège, de soutenir et de réussir, le plaidoyer de l’admission de l’Union Africaine au sein du G20 et j’ai eu l’honneur de porter la voix de l’Union Africaine au Sommet du G7, qui s’est tenu à Hiroshima au Japon, en 2023», a ajouté Azali Assoumani.


Il fera part ainsi de la visibilité du pays à l’international mais aussi à l’échelle régionale. «Nous avons poursuivi notre engagement sur la scène régionale avec la présidence de la Commission de l’Océan indien et nous nous préparons à accueillir en 2027, l’année prochaine pour la première fois de notre histoire et de la création de ces jeux en 1979, ces jeux des Îles de l’Océan Indien». A  propos des jeux des îles, le chef de l’Etat estime que le combat de la dignité du pays devrait se mesurer également à leur organisation en terre comorienne. « Abriter cette 12ème Edition des Jeux des Îles de l’Océan Indien est ainsi un grand honneur et un défi à relever pour notre pays », a-t-il reconnu, avant de lancer un appel solennel pour mobiliser l’expertise nécessaire à la réussite de ce grand rendez-vous sportif régional. «Je lance le compte à rebours de ces Jeux et je fais appel à toutes les Comoriennes et à tous les Comoriens, dans le pays et dans la diaspora, ainsi qu’à tous les amis des Comores, à s’engager et à apporter leur pierre à l’édifice pour faire de ces jeux une réussite et une fierté pour notre Nation», a-t-il souligné.


Azali Assoumani a annoncé une nouvelle tant attendue à savoir la réouverture, dès ce mois de juillet, des liaisons aérienne entre les Comores et Madagascar, se félicitant du climat de «bonne entente» entre les deux chefs d’Etat des deux pays. «J’ai eu l’honneur de participer à la célébration de l’indépendance de notre pays frère Madagascar et les discussions que j’ai eues avec mon frère, mon collègue, ont permis d’accepter la réouverture des frontières surtout aériennes entre les Comores et Madagascar», a ainsi annoncé le chef de l’Etat.


En cette journée historique, le président de la République a salué le climat de stabilité qui règne depuis une vingtaine d’années après les années noires marquées par l’instabilité politique et les actes de déstabilisation. «L’audace du peuple comorien, nous a permis, de trouver des solutions, aux décennies d’instabilité politique, de coups d’État à répétition, de divisions internes et de crises institutionnelles, de venir à bout du mercenariat qui, à plusieurs reprises, avait pris notre pays en otage et du séparatisme qui a failli faire disloquer notre pays», s’est-il félicité, reconnaissant toutefois qu’un combat reste à mener encore et toujours, celui qui permettra au pays de mettre un terme à la blessure causée par l’occupation illégale de Mayotte par l’ancienne puissance colonisatrice.

 

Pour Azali Assoumani, la résilience des Comoriens face aux autres défis servira de moyen pour unifier tôt ou tard le pays. « C’est cette résilience qui nous permettra de poursuivre avec détermination, constance et réussite, notre quête pour recouvrer notre intégrité territoriale. En effet, notre indépendance restera inachevée tant que l’île sœur comorienne de Mayotte restera sous administration française», a-t-il souligné avant d’appeler les Comoriens de Mayotte au dialogue. « J’appelle nos frères et nos sœurs de Mayotte, envers qui nous avons beaucoup d’estime et un grand respect, à la concertation entre nous, pour chercher ensemble une solution viable au contentieux de Mayotte, dans le cadre du dialogue que nous avons engagé avec la France car, comme dit l’adage, on choisit ses amis mais on ne choisit ni ses frères et sœurs tout comme on ne choisit pas son voisin», a-t-il plaidé.
 
Une hausse du Pib par habitant
 
Sur l’économie, le chef de l’Etat se félicite d’un bond en avant qui « s’inscrit dans une tendance à la hausse avec un PIB dont le taux de croissance qui était de 3 % et qui après les baisses consécutives au Cyclone Kenneth et au Covid, a rebondi à plus de 4% en 2026 selon les chiffres du Fond Monétaire International ». Azali Assoumani a ainsi rappelé l’un des résultats phares obtenus ces dernières années. « Le Produit intérieur brut par habitant qui était de 1300 dollars en 2016, est passé à plus de 2.000 dollars en 2026, selon les données de la Banque Centrale des Comores et place les Comores parmi les pays voisins qui ont ce taux élevé du PIB». Il ajoute : «Sur le plan économique, notre pays est sur la bonne trajectoire tracée depuis 2016 pour faire des Comores, un pays émergent à l’horizon 2030».
 
Se disant optimiste, le président de la République a livré le cap. «Notre ambition est claire : bâtir une économie plus forte, plus résiliente et plus inclusive, capable d’offrir davantage d’opportunités à notre jeunesse et d’améliorer durablement les conditions de vie de tous les Comoriens et les comoriennes ». Il ajoutera que les réformes menées augurent des lendemains meilleurs dans le secteur de l’entreprenariat. «Les résultats enregistrés en matière d’investissements confirment que notre économie a franchi une nouvelle étape», a-t-il annoncé.
 
 «Après la forte progression des créations d’entreprises observée au début des années 2020, leur nombre se stabilise désormais, avec 1 235 entreprises créées en 2025-2026. Les investissements agréés ont été multipliés par quatre, passant de 82 à 331 milliards de francs comoriens et ont permis de créer 2811 emplois, signe que nos entreprises investissent davantage dans leurs capacités de production. Nous constatons ainsi, que notre entrepreneuriat est plus tourné vers la réalisation d’investissements structurants, productifs et créateurs de richesse», a encore nuancé le chef de l’Etat.
 
Des dynamiques nouvelles pour construire une économie solide
 
Ainsi, Azali Assoumani souligne que les acquis obtenus devraient servir de déclic pour amorcer des dynamiques nouvelles pour construire une économie solide tournées vers des investissements productifs conséquents capables de favoriser le plein emploi en faveur des jeunes. «Les progrès réalisés sur le plan économique, ont été reconnus en 2019 à travers le reclassement des Comores par la Banque Mondiale, des pays les moins avancés au rang de pays à revenu intermédiaire. Nous devons toutefois, tirer tous les enseignements de nos échecs, pour mieux préparer un meilleur avenir pour notre pays», a-t-il souligné avant de revenir sur des chantiers stratégiques qui devraient aider à maintenir cette tendance de redynamisation de l’économie.
 
Azali Assoumani citera «le développement du tourisme, avec plusieurs chantiers de constructions en cours, des infrastructures d’accueil» mais aussi «la réhabilitation et l’équipement du Centre Hospitalier Universitaire El Maarouf» en fin de chantier  et dont la finalité est de « renforcer durablement les capacités de notre système de santé afin de mieux répondre aux besoins de notre population». Dans cette même lancée, le président de la République a rappelé «la poursuite des grands chantiers de modernisation de nos infrastructures aéroportuaires, portuaire et routières». Il évoquera également «la diversification de nos sources d’approvisionnement en énergie, en mettant l’accent sur les énergies renouvelables, notamment l’énergie photovoltaïque et, bientôt, la géothermie» mais surtout les chantiers d’infrastructures routières engagées partout dans le pays, citant notamment les axes «Bahani-Gte, Itsinkoundi-Chezani-Galawa», «Ouallah Nioumachoi» et «Domoni Mremani».
 
Revenant sur sa vision, le chef de l’Etat reconnait les approches structurantes du Pce en tant qu’outil pouvant aider à créer « des bases très solides sur lesquelles nous pouvons bâtir le développement de notre pays pour les décennies à venir». S’il reconnait les aléas ayant retardé sa mise en œuvre, citant notamment le cyclone Kenneth, la Covid-19, les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient, il estime que «l’état des lieux que nous avons dressé lors des séminaires gouvernementaux, la valorisation des acquis et l’identification sans complaisance, des retards, des failles et des incohérences, nous permettront de mesurer les progrès réalisés et de combler les écarts entre notre ambition collective et la réalité des résultats».
 
Au sujet des récentes grèves ayant paralysé le pays, le chef de l’Etat reconnait « une douloureuse illustration» mais ajoute que «le gouvernement a fait le choix de revenir sur les mesures relatives aux prix des hydrocarbures, pour préserver la paix et la sécurité et protéger le pouvoir d’achat des ménages comoriens » avant d’annoncer « des consultations entre les secteurs public et privé, en vue de trouver des solutions aux problèmes des hydrocarbures et aux autres contraintes que rencontre la population comorienne au quotidien».
 
Les médinas comoriennes sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco
 
Azali Assoumani a évoqué le phénomène des violences et des crimes, «en particulier à l’égard des femmes, des filles et des enfants», estimant que seule l’éducation, un retour aux sources et une réponse aux préoccupations des jeunes permettrait de lutter contre ces phénomènes. «Certes, nous devons sans complaisance, lutter contre ces fléaux sur le plan institutionnel, législatif et judiciaire. Toutefois, c’est surtout par l’éducation de nos enfants et des jeunes générations, la lutte contre la pauvreté et la promotion du bien-être social, que nous pouvons sortir notre pays de cette pente dangereuse», a-t-il souligné, exprimant sa préoccupation face au délitement de la société. «Notre éducation, notre culture, nos us et coutumes subissent des assauts sans précédent, qui peuvent compromettre les efforts engagés pour consolider la paix et la sécurité et accélérer le développement socio-économique du pays», a-t-il mentionné.
 
Pour finir, le président de la République est revenu sur le processus d’inscription des médinas comoriennes sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, rendant hommage à l’ambassadeur Mohamed Soighir Bajrafil et les autres acteurs dont le Cndrs, l’Unesco, « la fondation Aliph, Into, la Fondation Henda Henkel et tous nos partenaires dans ce dossier» mais aussi les pays partenaires dont la France et l’Arabie saoudite pour les facilités créées en vue de la concrétisation de ce projet national. «Cette étape du dossier que j’ai déposé en février 2025 au siège de l’Unesco n’est pas l’aboutissement mais le début d’un long processus pour valoriser le patrimoine comorien qui se poursuivra à la fin de ce mois en Corée du Sud», a-t-il indiqué.
 
Côté international, Azali Assoumani n’a pas manqué de «rappeler la souffrance à laquelle sont soumis nos frères et sœurs Palestiniens, depuis sept décennies et leur exprimer notre soutien et notre solidarité». Le chef de l’Etat, fidèle à sa ligne de deux Etats vivant côte à côte en paix et en sécurité, a renouvelé «le respect du peuple palestinien, de son droit et de sa dignité, pour l’application effective du cessez-le-feu au Moyen Orient et pour la mise en œuvre d’un accord durable, à même de mettre un terme, à ce conflit meurtrier qui n’a que trop duré». 
 
Il s’est félicité de «la reconnaissance de l’Etat de Palestine, par 160 États parmi les 193 que compte les Nations Unies», estimant que cette étape, «constitue aujourd’hui une base solide, pour relancer le processus de paix dans la région et faire advenir la « solution à deux États » impliquant la coexistence pacifique d’un État israélien et d’un État palestinien ayant comme capitale Jérusalem Est, conformément au droit international et aux résolutions pertinentes, 252, 267, 446 et 478 du Conseil de sécurité des Nations Unies».