Pour le chef de l'État, le dialogue et la réflexion collective permettra de comprendre les causes de la montée des violences dans le pays et d’y apporter des solutions durables.

 

Le président de la République, Azali Assoumani, a dirigé la prière de l’Aïd El-Kabir ce jeudi à la grande mosquée de Hamumbu, à Mutsamudu, en présence de nombreux fidèles. Dans son allocution, il a rendu "grâce à Dieu pour avoir permis au peuple comorien de célébrer cette fête dans la paix et en bonne santé". Il a également adressé ses meilleurs vœux à l’ensemble de la population comorienne, du pays et de la diaspora.

 

Le président a reconnu que cette célébration intervient dans un contexte international difficile, marqué par des violences et des conflits dans plusieurs pays, notamment au Moyen-Orient. Il a également évoqué la situation nationale, marquée récemment par des manifestations liées à la hausse des prix des carburants.

Il a de ce fait présenté ses condoléances aux familles des deux jeunes décédés à Ndzuani lors de ces émeutes, ainsi qu’à celles de Naicha Abdou Mmadi, assassinée victime d'un assassinat crapuleux la semaine dernière à Mbadjini, et de Fakri Farid, jeune Comorien de la diaspora tué à Marseille par un autre ressortissant comorien. 

 « Ce qui s’est passé ici à Ndzuani récemment est difficile. Je me devais de venir pour partager ce moment de douleur à vos côtés car c’est dans les moments difficiles que l’on reconnaît ses vrais amis. Nous avons entendu la voix des citoyens et décidé de suspendre temporairement cette mesure afin de préserver le calme et la stabilité », a déclaré le chef de l’État, en référence à la hausse des prix du carburant et aux troubles qui l'ont suivie. Il a salué le rôle des différentes institutions et organisations, notamment Usukani wa Massiwa et le syndicat des commerçants, pour leur "sens de l’écoute" et leur "patience".

Bâtir des Comores fortes

 Le président a insisté sur la nécessité du dialogue et de la réflexion collective afin de comprendre les causes de la montée des violences dans le pays et d’y apporter des solutions durables. « Mieux vaut prévenir que guérir », a-t-il souligné. Il a également mis en avant le rôle essentiel de la diaspora comorienne, qualifiée de « richesse immense pour la Nation », tout en exprimant son espoir de "continuer à bâtir des Comores fortes, unies et pacifiques".

 Sur le plan institutionnel, le président a annoncé qu’il présentera un bilan des actions gouvernementales et des grands projets en cours dans le pays lors de son discours du 6 juillet prochain. La question de Mayotte ainsi que l’organisation prochaine des Jeux des îles de l’océan Indien ont également été abordées au cours de son intervention.

 A ce sujet, Azali Assoumani a rappelé qu’il s’agira d’un "rendez-vous historique" et d’un "défi majeur pour le pays". Il a lancé un "appel au patriotisme et au civisme afin de faire de cet événement une réussite nationale".

 Prenant la parole à son tour, le gouverneur de Ndzuani, le docteur Zaidou Youssouf, a remercié le chef de l’État pour "sa présence sur l’île en cette occasion religieuse". Selon lui, cette visite constitue "un geste fort de solidarité envers la population anjouanaise dans un contexte marqué par certaines divergences".

 De son côté, Abdillah Yahaya, représentant du grand mufti de la République, a adressé ses vœux au président de la République et à l’ensemble du peuple comorien. Il a rappelé "l’importance de préserver l’unité nationale, de vivre en harmonie et de dépasser les querelles et divisions". "N’entrera pas au paradis celui qui provoque des conflits entre les personnes", a-t-il rappelé. Il a enfin insisté sur "l’importance de l’éducation de base comme moyen de prévention contre les conflits au sein du territoire national".