Dans la capitale, Malgré les “difficultés économiques”, les familles ont maintenu les traditions de partage, de recueillement et de fraternité.
L’Aïd El-Kabir a été célébrée ce jeudi 28 mai à Moroni dans une ambiance mêlant ferveur religieuse, simplicité et solidarité. Entre prières collectives, visites familiales et moments de partage, les habitants ont tenté de préserver l’essentiel malgré les difficultés du quotidien.
Très tôt dans la matinée, les mosquées de la ville ont accueilli plusieurs centaines de fidèles venus accomplir la grande prière de l’Aïd. Soignés pour l’occasion, adultes et enfants ont répondu présents dans un climat apaisé. Après la prière, plusieurs familles ont poursuivi cette journée par des visites aux proches, aux voisins ainsi qu’aux cimetières afin de prier pour le salut des âmes des proches disparus. Les rues sont restées relativement calmes durant une bonne partie de la journée, tandis que les enfants accompagnaient leurs familles dans les retrouvailles.
Dans plusieurs quartiers de la capitale, l’ambiance est toutefois restée plus discrète que lors des années précédentes. Les dépenses liées à la fête ont été revues à la baisse par de nombreux ménages confrontés à “la cherté de la vie et aux difficultés économiques”. C’est le constat de Youssouf Ahmed, résident de Hamramba, au sud de la ville, qui estime que cette année a été particulière. « C’est vrai que beaucoup de familles ont célébré l’Aïd avec peu de moyens. Certains ont préféré rester dans la simplicité, mais cela n’a pas empêché les gens de se retrouver et de partager ce qu’ils avaient », explique-t-il.
Même constat pour Mariama Abdou, originaire de Maweni ya Mbude, qui a dû “célébrer cette journée loin des siens faute de moyens”. Selon elle, les réalités économiques influencent fortement les célébrations religieuses. « Avant, les préparatifs de la fête commençaient plusieurs jours à l’avance. Aujourd’hui, beaucoup pensent d’abord aux dépenses essentielles », souligne-t-elle, avant d’ajouter que “malgré tout, les familles continuent de préserver l’esprit de cette fête religieuse”.
De son côté, Ibrahim Mze rappelle que cette célébration demeure avant tout un moment de spiritualité. « Cette fête nous rappelle surtout des valeurs importantes comme le sacrifice, la fraternité et l’entraide. C’est cela que nos familles retiennent aujourd’hui », affirme-t-il, avant de poursuivre : « Aujourd’hui, le Comorien ne demande pas grand-chose. Les gens veulent simplement pouvoir vivre dignement et partager ces moments de fête avec leurs proches dans la tranquillité. »
Une célébration sobre, mais qui aura une nouvelle fois rappelé l’attachement des Comoriens aux valeurs de foi, de solidarité et de vivre-ensemble, malgré les difficultés.


